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Après une lutte de génération, entre la vieille garde et la jeunesse, Macky Sall, à 51 ans, accède à la magistrature suprême de son pays et Guillaume Soro, s’appuyant sur ses 50 ans, prend la tête de la Primature puis de l’Assemblée Nationale de son pays. Tout ce qui très certainement va inspirer la jeunesse malienne, qui ne manquera pas à son tour de remuer le cocotier. C’est ce difficile combat que la reine abeille et ses ouvrières engagent. C’est ce qu’on pourra qualifier de conflit de génération entre la vieille garde, incarnée par Iba N’Diaye et la nouvelle génération dirigée par Dramane Dembélé, candidat malheureux du parti ADEMA à la présidentielle du 28 juillet.

Toutes les œuvres du monde ont donné naissance à des merveilles, sauf la politique qui donna naissance à des monstres qui se dévorent. Cette pensée sied bien au conflit de génération que se livrent les abeilles. Ce débat est d’actualité et se pose à tous les autres partis politiques crées en 1992. La classe politique malienne est vieillissante. Les jeunes de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM), manipulés en 1991 par l’ADEMA et le CNID pour faire tomber le régime de l’UDPM, l’ex-parti unique, ont aujourd’hui entre 40 et 45 ans. Donc, de jeunes cadres intellectuels, bien formés à l’école de leurs maîtres, fondateurs des partis politiques de l’ère démocratique, veulent se faire entendre.

Entre le premier vice-président de l’Adema, Ibrahim N’Diaye dit Iba, qui assure l’intérim du président du parti ADEMA et Dramane Salif Dembélé, candidat malheureux à l’élection présidentielle du 28 juillet 2013, le vin est déjà tiré et il faut le boire.
Le 6 août 2013, à la faveur d’un point de presse, le camp de Dramane Dembélé a animé un point de presse au siège de l’Adema. Ce point de presse était une réponse à la sortie du premier vice-président Iba N’Diaye qui invitait les militants à reporter leur voix sur le candidat de l’URD Soumaïla Cissé. Alors que le candidat recalé au premier tour Dra et les coordinations ADEMA des huit (8) régions sont favorables à IBK.

Le Mali, comme tous les pays africains, est confronté aujourd’hui à un défi : la force et l’ambition de sa jeunesse. Cette population africaine est très jeune. 60% des jeunes ont moins de vingt (20) ans. Elle n’a vécu ni la colonisation ni les soubresauts des indépendances.
La jeunesse africaine voit et entend tous les jours comment d’autres jeunes en Occident profitent des bienfaits de la démocratie et des nouvelles technologies de l’information. Elle veut jouer sa partition et ne reculera devant rien pour l’obtenir.
Cette jeunesse peut-être aussi le ferment d’un renouveau de la politique et de la culture ou faire connaître ses savoirs en bousculant les institutions fatiguées laissées.

On se rappelle que le bureau politique de l’ADEMA a ouvert les hostilités contre IBK en 2000. La suite, on la connaît. Deux ans plus tard, la même équipe dirigeante a chassé Soumaïla Cissé en 2003.
Ces deux départs ont donné naissance à deux partis politiques le Rassemblement pour le Mali (RPM) et l’Union pour la République et la démocratie (URD). Le candidat malheureux, Dramane Dembélé, bénéficiant du soutien d’une jeunesse forte et responsable, aura certes le dernier mot sur le vieil homme politique finissant Iba N’Diaye qui ne s’est jamais frotté aux urnes pour jauger sa légitimé politique.

Fatou CISSE

L’Inter de Bamako du 14 Août 2013