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L’idée d’une conférence internationale sur la sécurité, la paix et le développement dans la bande sahélo saharienne avait été émise le 22 septembre 2007 par le président de la République, Amadou Toumani Touré. Mais, c’est finalement le 19 février que Bamako l’accueillera. Quatre chefs d’Etat ont confirmé leur participation à ce sommet, qui se tiendra en une seule journée.

Parmi les causes du retard de cette conférence internationale, il y avait des raisons de calendrier des chefs d’Etat. Mais aussi des termes de références bien définis et acceptables par tous avaient été difficiles à trouver.

Jusqu’au 22 septembre 2008, ATT lui-même qui en est l’instigateur principal, avait annoncé sa tenue pour le mois d’octobre. Il avait pris le soin de préciser « qu’il n’était pas question de venir parler de la rébellion au Nord de notre pays, car chacun gère sa propre rébellion ».

Toutefois, le ton de la conférence a été déjà donné. En novembre, les ministres des Affaires étrangères avaient tenu une réunion préparatoire pour tracer la voix à suivre par les chefs d’Etat, créer les conditions propices à l’instauration d’un environnement de paix et de stabilité, « soutenir et poursuivre les efforts inlassables déployés par les gouvernements respectifs pour faire de la région sahélo-saharienne un espace de développement intégré, d’échange et de coopération fondé sur des valeurs africaines communes de fraternité, de solidarité, d’entraide et de respect mutuel».

Les chefs d’Etat vont donc travailler dans un climat de confiance. En effet, la réunion des ministres avait recommandé de prendre les mesures appropriées pour combattre le terrorisme sous toutes ses formes, de renforcer la coopération sécuritaire transfrontalière, à travers, notamment, l’organisation de patrouilles simultanées et mixtes, de promouvoir l’échange d’informations et la mise en œuvre du concept des pays- frontières, de renforcer la coopération tant au niveau bilatéral, régional que multilatéral.

Mais la question de sécurité est bien plus que d’ordre militaire. Les ministres ont ainsi recommandé également des actions spécifiques dans les domaines du désenclavement, des aménagements agro-pastoraux, de la sécurité alimentaire, de la santé, de l’éducation, de la formation et de la création d’emploi.

C’est au total cinq chefs d’Etat qui vont prendre part à ce qui est considéré comme une des plus importantes rencontres pour les pays de la bande sahélo- saharienne. Il s’agit d’Abdel Aziz Bouteflika de l’Algérie, Blaise Compaoré du Burkina Faso, Mouammar Kadhafi de la Libye, Mamadou Tandia du Niger et Idriss Deby du Tchad.

En dehors de la Libye, chacun de ces pays est confronté à de sérieux problèmes sécuritaires. Des problèmes auxquels aucun pays ne pourra faire face tout seul. Pourtant, la tenue de cette rencontre internationale arrive à un moment où notre pays est en train de mettre fin à la crise qui, depuis mai 2006, secoue la région de Kidal.

Cependant, comme le rappellent des analystes, les récents événements survenus au Mali et dans une moindre mesure au Niger ont montré la capacité de déplacement des groupes armés ainsi que la perméabilité des frontières qui leur permet de passer d’un pays à un autre sans difficultés majeures.

A Bamako, il s’agira pour les dirigeants de la bande sahélo-saharienne de prendre des mesures concrètes afin de faire face aux menaces, dont le grand banditisme, le trafic et le terrorisme.

Sambou Diarra

16 Février 2009