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Réunie à Bamako, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples va réfléchir aux moyens d’accélérer l’égalité du genre.La première conférence régionale de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples sur le rôle de la Commission dans la promotion et la protection des droits de la Femme, s’est ouverte hier au Centre international des conférences de Bamako. L’ouverture des travaux était présidée par le Premier ministre Modibo Sidibé. La conférence est organisée conjointement par la Commission et le ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille. Elle est la première d’une série de cinq rencontres qui seront successivement organisées dans les 5 régions géographiques du continent.

Elle discutera des objectifs, des perspectives et des principes directeurs de la Décennie de la femme africaine 2010–2020 proclamée par les chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine et dont le lancement est prévu en 2011. Le but de la proclamation de cette Décennie est de promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes en accélérant la mise en œuvre des décisions issues des conférences de Dakar, Beijing et de l’Union africaine sur l’égalité entre les hommes et les femmes.

jpg_droits-femme.jpgLes assises de Bamako permettront par ailleurs, aux ONG, associations de femmes juristes et praticiens du droit de s’organiser en réseaux, de se familiariser avec les formalités et exigences légales de la procédure de communications plaintes en vue de contribuer à sa simplification et à sa vulgarisation. Les échanges sur les défis, les bonnes pratiques et les expériences réussies dans le domaine de la promotion des droits des femmes et des questions de société, seront également des moments forts de la Conférence. Au nom de la CADHP, le papporteur spécial de la Commission sur les droits de la femme en Afrique, notre compatriote Me Soyata Maïga a salué la présence à cette rencontre de l’ensemble des associations de femmes juristes des pays de l’Afrique de l’Ouest et du Nord.

Elle n’a pas manqué d’évoquer l’accompagnement efficace des représentants des Commissions nationales des droits de l’homme, des organisations régionales féminines et de défense des droits humains à vocation internationale. Elle a annoncé qu’au cours de la rencontre, la Fédération internationale des droits de l’homme va procéder au lancement du cahier d’exigences, un guide des Africains pour dresser un tableau des progrès réalisés et des défis qui persistent dans le domaine des droits des femmes dans 38 pays de l’Afrique.

Présentant sa structure, elle a indiqué que celle-ci a été créée en 1987 par l’OUA en tant qu’organe technique indépendant en vertu des dispositions de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, le seul instrument juridique obligatoire, à avoir été à ce jour ratifié par l’ensemble des 53 pays africains.

Et malgré les contraintes liées à l’insuffisance des ressources humaines, matérielles et financières qui lui sont allouées, l’institution a su instaurer, un dialogue constructif avec les Etats parties à la Charte africaine, autour de la promotion et la protection des droits de l’homme aux niveaux national et régional.

S’agissant des difficultés, Me Maïga a souligné que dans presque tous les pays, des obstacles existent par rapport à la promotion des droits des femmes et des filles et des défis transversaux perpétuent les inégalités entre les hommes et les femmes. Mais c’est dans notre sous-région ouest Africaine que la situation est particulièrement préoccupante.

Par ailleurs, elle s’est fait l’écho de la création prochaine par les Nations unies d’une nouvelle entité, appelée ONU-FEMMES. La vocation de cette nouvelle structure sera d’accélérer la réduction des inégalités du genre. Elle devrait aussi développer l’aide en faveur des femmes et filles. ONU-FEMMES sera opérationnelle à partir de janvier 2011. Le ministre de la promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille, Mme Maïga Sina Damba a de soncôté pointé la persistance de la discrimination et de pratiques néfastes malgré la ratification par notre pays de nombreux instruments internationaux.

Mais, soulignera t-elle, au Mali, les progrès enregistrés dans le domaine de la protection des droits des femmes suscitent un espoir certain. Le ministre a par ailleurs fait remarquer que la promotion et la protection des droits de la femme en Afrique et au Mali en particulier, constituent une question à la fois sensible et complexe à cause des pesanteurs socioculturelles et du faible niveau d’éducation des femmes. Cette situation interpelle chacun et exige une réflexion approfondie en vue de mettre en place une nouvelle stratégie d’intervention.

Elle a invité les tous les militants des droits de l’homme à entreprendre des actions de communication et d’information auprès des populations sur les droits des femmes. La présidente de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples et commissaire en charge de la promotion des droits de l’homme, Mme Reine Alapini Gansou a salué les autorités maliennes et l’ensemble des partenaires de la Commission pour leurs efforts inlassables en faveur des droits de la femme, avant d’attirer l’attention sur les multiples défis à relever en la matière.

Le Premier ministre, Modibo Sidibé a quant à lui, a salué l’engagement et le plaidoyer des femmes africaines et maliennes en particulier dans la lutte pour le développement durable dans le cadre du PDES. En outre, il a souligné que le Code de la personne et de la famille est une réforme qui suit son cours. Et s’est dit convaincu qu’un code consensuel verra le jour.

À la cérémonie d’ouverture ont assisté plusieurs membres du gouvernement, le président de l’Assemblée nationale et de nombreuses autres personnalités. La Commission a saisi l’occasion pour allumer une « flamme de la paix ».

Fatim Maïga

L’Essor du 14 Juillet 2010.