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Boubou CAMARA, un Malien de l’extérieur qui mérite plus de considération

Une générosité à nulle pareille qui doit mériter et reconnaissance. Il a le regard calme, un sourire en demi-teinte, ayant toujours caractérisé les hommes généreux. L’homme d’affaires Boubou Camara est le Président Directeur Général de la Société Camara et Fils (SOCAF). Ce «Kakolo» bon teint est une figure bien connue des Maliens de l’extérieur.

Boubou pourrait parler pendant des heures des conditions de vie souvent difficiles des Maliens de l’extérieur, pour leur avoir porté secours et assistance un temps donné. Mais malheureusement, comme on oublie vite certains bienfaits, ce philanthrope qu’il était est depuis son retour au bercail, une personnalité oubliée ou presque par nos autorités. Ce qui n’encourage pas à faire du bien pour son pays, disons les Maliens de la diaspora.

Car si un troisième Malien, il y a, qui s’est bien illustré sur ce chapitre (porter aide aux Maliens de l’extérieur), après le richissime homme d’affaire de Dabia, Babani Cissoko, l’actuel député de Kénieba et le président du Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur (HCME), Abdrahamane Chérif Haidara, c’est bien lui : au registre de sa générosité.

Boubou Camara a hébergé gratuitement des étrangers aussi bien maliens que d’autres nationalités et est intervenu plusieurs fois et chaque fois qu’il fut témoin, lorsque des ressortissants maliens ont été violentés dans le pays hôte.

Pour qu’il leur soit au besoin apporté des moyens conséquents afin qu’ils regagnent tranquillement le bercail. Ensuite, pour avoir traîné sa bosse un peu partout, Boubou Camara est également président de l’association des «Kakolo» du Mali (littéralement personnes connues pour leur bravoure et ne connaissant pas la peur). En 1962, il a séjourné au Congo-Brazaville à la recherche du mieux être comme tout Soninké digne de ce nom. Il ne s’est pas arrêté en si bon chemin.

Ainsi, en 1963, il met le cap sur Bangui en République Centrafricaine à la recherche du diamant. Puis, Boubou Camara se rend en République Démocratique du Congo. A l’instar de ses compatriotes d’alors qui ont afflué vers cette contrée centrafricaine. Après ce périple, notre diamantaire s’est retrouvé à Anvers en Belgique.

S’en suivra un séjour successivement au Zimbabwe, en Tanzanie et au Burundi. La liste n’est pas exhaustive. C’est en 1980 qu’il part pour Lusaka en Zambie où l’un de ses fils, nommé Bakary Dian Camara fut consul du Mali. Aimant toujours sa patrie, l’homme n’a ménagé aucun effort dans le sens de la promotion de l’entente entre les ethnies, voire les peuples.

Pour ceux qui ne le savent pas, c’est par son concours très déterminant, ses démarches, que le Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur a trouvé le terrain sur lequel est édifié son actuel siège. Ce n’est pas tout, le richissime homme d’affaires parvient même pour ses largesses à l’endroit de Maliens en difficultés qui, du coup, lui vouent l’estime populaire, à devenir le digne représentant des communautés ouest africaines à l’étranger dont le Mali.

En outre, pour sa défense des causes nobles, qu’est l’assistance permanente de son prochain, les Maliens de la diaspora, nos autorités lui ont d’ailleurs à juste titre, après la tenue de la conférence nationale en 1992, octroyé la concession d’une exploitation minière à Ségala, pour sa société «Ségala mining».

D’ailleurs, une source indique même qu’il fut le premier Malien de la diaspora à intervenir dans ce sous-secteur. Ce qui lui a permis de lutter contre le chômage par la création de 100 emplois directs dans cette société et partant, d’accélérer le développement intégré du pays pour l’amélioration des conditions de vie des Maliens. N’a-t-il pas avoué un jour : «j’ai toujours eu comme souci majeur l’amélioration des conditions de vie des Maliens en général et particulièrement celles des Maliens de l’extérieur»?

Pour ensuite s’offusquer contre l’attitude de certains arrivistes de la troisième heure qui consiste à utiliser abusivement des insignes du Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur (badges, macarons et autres).

A une autre fin dans le seul dessein inavoué de favoriser leur propre enrichissement au détriment de celui de la communauté. Et pourtant, aux dires de Boubou, c’est lui-même qui a financé la confection de ces précieux objets. Toute chose qui l’amène à dire : «qu’il faut remettre les choses à leur place». Autrement dit, ne pas décoiffer Jean pour coiffer Paul. De telle personnalité, avouons-le très sincèrement, mérite une décoration de la République, si l’on ne veut pas attendre leur mort pour leur en décerner une à titre posthume.

A la conférence du Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur prévue ce matin, il sera fort étonnant qu’un hommage amplement mérité ne lui soit pas rendu.

En guise de reconnaissance de l’institution à son endroit, assure une source proche de l’organisation.

La rédaction

13 Février 2009