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Face à la presse samedi au CICB, le président de l’Union pour la République et la démocratie (URD), a tenté de sauver les meubles, indiquant que ses relations avec le ministre de la Santé, qui avait des visées présidentielles au niveau du parti de la Poignée de main, s’arrêtent aux simples rapports de camarades de parti.

La conférence de presse animée le 9 août 2008 par l’honorable député et non moins président de l’URD, Younoussi Touré, sur la vie du parti et les grandes questions d’intérêt national avait un arrière-goût inachevé. Elle a laissé bon nombre de journalistes sur leur faim quant au climat qui prévaut au sein du parti notamment les relations entre Younoussi Touré et Oumar Ibrahim Touré, actuel ministre de la Santé et 2e vice-président du parti.

Le président Younoussi Touré a fait comprendre à la presse qu’il n’y a pas de remous au sein de l’URD. « J’ai beaucoup de respect pour Oumar Ibrahim Touré. Mais, rien ne nous lie au-delà de l’animation de la vie politique. Cette question de division à l’URD, je l’ai appris dans la presse.

S’il y a deux clans, c’est la presse qui les a créés. Et l’on commence à me tympaniser par cette question de Oumar Ibrahim Touré », a sèchement répliqué le président de l’URD qui est plus que jamais convaincu que le parti est sorti renforcé de son congrès ordinaire tenu les 26 et 27 avril derniers et qui a procédé au renouvellement des structures de base du parti, à la relecture des textes fondamentaux…

Cependant, bien avant la tenue de ces assises, il avait été murmuré que Oumar Ibrahim Touré avait des prétentions pour la présidence du parti mais qu’il n’aurait été freiné dans ses ardeurs que par le fondateur de l’URD, Soumaïla Cissé.

Au sortir du congrès, il a néanmoins gardé son poste de 2e vice-président.

Certes, l’on dira que les problèmes internes sont inhérents à la vie de toutes les grandes formations politiques. Mais Younoussi Touré a renforcé le week-end dernier l’opinion dans sa conviction qu’il y a bel et bien malaise au sein de l’URD en insistant sur les mots « cohésion » et « unité ».


Indices concordants

Selon des observateurs avertis de la scène politique, les ministres URD ne participent plus régulièrement aux réunions du parti. A la rencontre avec les journalistes, si Me Abdoul Wahab Berthé, le 1er vice-président, a répondu présent, Oumar Ibrahim Touré a brillé par son absence. Celle-ci a été justifiée par le fait qu’il serait en déplacement à Mexico pour une conférence sur le Sida.

Toutefois, en cette période de vacances gouvernementales, il aurait pu se faire remplacer à Mexico par son chef de cabinet au regard de l’importance du sujet qui touche à la vie du parti et partant celle du pays. Ce qui fait dire à certains que le parti URD est devenu une affaire de clan.

De plus, le récent limogeage de Mme Kéita Aïché Ndiaye, membre du bureau de l’URD, de son poste de chargée de mission au ministère de la Santé a été interprété comme un acte de trahison par le « clan » Younoussi Touré. Car dit-on, celle-ci serait de sa tendance.

« A l’URD, nous essayons de faire en sorte que la vie d’un cadre ne soit liée à aucun ministre. Nos ministres ont les mains libres pour choisir les hommes et les femmes pour les aider à réussir leur mission. Le parti est reconnaissant à Oumar Ibrahim Touré d’avoir utilisé Mme Kéita Aïché Ndiaye dans son cabinet. Elle est une cadre de notre pays et nous la soutenons », a pour sa part répondu l’honorable Younoussi Touré.

L’intéressée avait été sollicitée par le ministre Touré pour l’accompagner. L’expérience a toujours démontré qu’un ministre se sépare difficilement de son compagnon politique à moins que les intérêts et les visions divergent. Autant d’indices qui concourent aujourd’hui à dire que la division est consommée au sein de l’URD même si son président s’en défend.


Mohamed Daou

11 Aout 2008