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Cette conférence de presse été surtout l’occasion d’un débat entre les hommes de medias et les représentants des 12 partis de l’opposition. Quelques réactions.

«Nous n’acceptons pas les intimidations… Nous sommes suffisamment grands et responsables», Hamidou Diabaté, PARENA
«Il faut préciser que c’est la Constitution qui prescrit la liberté de la presse. Et au-delà de la Constitution, il faut dire qu’il n’y a pas de démocratie sans contrepouvoir, dire qu’il n’y a plus de contrepouvoir, il n’y a plus de démocratie. Or, l’opposition joue précisément un rôle de contrepouvoir, tout comme la société civile. S’il n’y a personne pour critiquer, il y a une République inadmissible, et cela ne sert pas le Mali. Cela ne sert pas le Mali quand il n’y a pas d’hommes et de femmes pour dire que ce que le gouvernement fait est mal ; que ce que le président fait est mal ; qu’il faille redresser. A mon avis, dans la sous-région, le Mali est le seul pays où l’action de l’opposition est uniquement verbale. Oui ! Nous n’avons pas brulé de pneus, nous n’avons pas entamé des marches. Nous nous sommes simplement contentés de la mise en œuvre de ce qui est prescrit par la loi sans aller aux termes de tout ce que la loi nous autorise de faire. Mais nous voyons en face, des actions inacceptables du gouvernement ou d’un président, comment, sous d’autres cieux, dans d’autres pays proches de nous, les partis politiques de l’opposition et la société civile réagissent.
Donc, il faut s’indigner en défenseur de droit. Parce que si nous nous n’indignons pas par rapport à un certain nombre de comportements, nous plions l’échine. Et plier l’échine, n’est pas facteur pour une consolidation de l’Etat de droit. C’est pour cette raison que nous pensons que l’acte posé par le président de la République et le gouvernement, est un acte au-delà de la personne de Tièblé (Dramé), un acte qui contrarie la loi et la démocratie. Et c’est à ce titre que nous devons réagir pour dire que nous n’acceptons pas; que nous n’acceptons pas les intimidations, qu’on nous fasse peur. Nous sommes des gens suffisamment grand et responsables et nous avons suffisamment l’amour de ce pays. Nous n’avons pas attendu aujourd’hui pour le montrer.
Nous ne pouvons pas être suspects d’apatridie parce que nous avons suffisamment donné pour le Mali. De façon précise, on dit que l’affaire Tièblé Dramé est-elle devenue une affaire d’Etat ? Oui ! Si l’Etat pense que l’acte prêté à Tièblé Dramé est une affaire d’Etat, donc c’est l’Etat qui transforme à une affaire d’Etat ; mais nous ne pensons pas que ce soit une affaire d’Etat car ce n’est que l’exercice normal de la démocratie. Et Tièblé n’a fait qu’exercer ce droit constitutionnel en critiquant.
C’est la loi qui nous dit que c’est un devoir pour l’opposition de critiquer l’action gouvernementale. Et le chef de l’Etat trouve inacceptable que nous critiquions l’action gouvernementale. Le gouvernement lui-même trouve qu’il est le soleil qui a apporté la lumière dans toutes les chaumières et que nous ne voulons pas reconnaitre cela. Dire que le gouvernement est un soleil, donc on n’a pas le droit de ne pas voir ! C’est ça l’idée. Par ce que toute action est une réussite on a donc pas le droit de dire que c’est une réussite. Or, nous avons le droit de critiquer la réussite avec nos arguments. On ne doit pas nous reprocher ce que la loi nous donne comme droit.
C’est important que l’opinion malienne sache qu’en critiquant le gouvernement on ne devient pas l’ennemi du Mali. Nous sommes les meilleurs amis et les meilleurs patriotes du Mal »i.

«Que la majorité s’organise mieux pour affronter l’opposition» Modibo Sidibé
« Ni les menaces, ni les injures, ni les diffamations ne feront taire l’opposition. Et, puisqu’on dit que l’opposition ne fait pas de proposition, ne donne pas de conseil, le conseil que nous donnons à la majorité présidentielle c’était de mieux s’organiser pour affronter l’opposition»

«C’est le plus grand animateur du COPPO, qui veut nous donner aujourd’hui des leçons de démocratie» Honorable Soumaïla Cissé
«Nous avons souhaité une opposition civilisée, on nous le reproche d’ailleurs quelque part. Nous avons souhaité le dialogue, que le dialogue soit au cœur de nos échanges avec la majorité. Mais nous avons droit aux insultes, aux intimidations et autres invectives. Je voudrais rappeler seulement aux journalistes maliens que nous avons connu la période du COPPO et que le plus grand animateur du COPPO, c’est celui-là même qui veut nous donner aujourd’hui des leçons de démocratie. Le COPPO, ils se sont retrouvés en prison. Et qui était le premier ministre de l’époque ? C’est le président IBK. Il y a eu mort d’hommes, il y a eu violence dans ce pays là. Est-ce cela est souhaitable encore, non ! Nous essayons de nous débattre avec des arguments, avec des idées».

Rassemblés et Transcris par Djibi Karim

La Sentinelle du 2 Novembre 2015