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La 97ème session annuelle de la Conférence internationale du travail s’est ouverte le 9 juin dernier à Genève, en Suisse. Le Mali a pris part aux travaux de cette session à travers une forte délégation nationale conduite par le ministre du travail, de la fonction publique et de la reforme de l’Etat, Me Wahab Berthé.

La Conférence tentera, au cours de ses travaux, de démontrer comment, dans le cadre d’une perspective axée sur le travail décent, les pays peuvent développer leur économie de manière à augmenter tant la quantité que la productivité de la main d’œuvre. Les problèmes auxquels sont confrontés les pays à différents niveaux de développement feront également l’objet d’attention particulière de la part des experts présents à la conférence.

Le BIT, à la demande du gouvernement malien, a initié plusieurs projets et programmes tels que : le projet de modernisation de l’administration et l’inspection du travail BIT/ADMITRA, le programme national de lutte contre le travail des enfants (IPEC/BIT) ; le programme national de lutte contre la traite des enfants et d’autres projets de réinsertion des jeunes relevant du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle.

Le ministre du travail, de la fonction publique et de la reforme de l’Etat a pris la parole devant l’assemblée plénière de la CIT. Il a salué les efforts déployés par le Bureau International du Travail pour mettre le travail décent au coeur des politiques de développement économique et social des pays membres de l’OIT en général, et d’Afrique en particulier.

« L’appui que le BIT continue d’apporter dans le cadre du suivi des recommandations du Sommet Extraordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement sur l’emploi et la lutte contre la pauvreté, tenu à Ouagadougou en septembre 2004, est la manifestation la plus concrète de cet engagement de l’OIT à aider le continent africain à faire du travail décent, une réalité », a indiqué Me Abdoul Wahab Berthé.

Le ministre a rappelé les résultats auxquels est parvenu le sommet, notamment l’adoption d’un Agenda du travail décent pour l’Afrique, qui traduit ainsi la volonté des africains d’inverser la tendance actuelle de la pauvreté, du chômage, et du sous-emploi.

Cette approche permettra sans nul doute de mettre en oeuvre des politiques susceptibles de créer des emplois en plus en grand nombre et de meilleure qualité et de briser le cercle vicieux de la pauvreté.

« Fort de cette conviction, mon pays sous l’impulsion des plus hautes autorités, a ainsi décidé, avec l’appui du BIT, d’organiser d’ici la fin de cette année, un forum national sur le travail décent qui va regrouper tous les acteurs potentiels du monde du travail », a précisé Me Berthé.

Pour le ministre du travail, de la fonction publique et de la reforme de l’Etat, l’emploi, en particulier celui des jeunes ruraux, conditionne la paix et le développement du Mali. Et c’est pourquoi, affirmait-il, le gouvernement a adopté depuis 2003 une Déclaration de politique en faveur de l’emploi des jeunes et mis en place un important programme d’insertion économique (Programme Emploi Jeunes).

Chaque année, au mois de juin, la Conférence internationale du travail réunit les États membres de l’OIT à Genève (Suisse). Les États membres sont traditionnellement représentés par une délégation tripartite composée de délégués gouvernementaux, ainsi que de délégués employeurs et de délégués travailleurs, désignés en accord avec les organisations nationales d’employeurs et de travailleurs les plus représentatifs.

Souvent comparée à un parlement international du travail, la conférence a notamment comme fonctions d’élaborer et d’adopter des normes internationales du travail, sous forme de conventions et de recommandations, de suivre l’application des conventions et recommandations au niveau national ou encore d’examiner les rapports des gouvernements des États membres sur la manière dont ils remplissent leurs obligations liées aux conventions ratifiées.

La conférence est également un forum où sont débattus librement les problèmes sociaux et du travail qui intéressent le monde entier.

Les délégués examinent deux thèmes majeurs à savoir, la promotion de l’emploi rural pour réduire la pauvreté, les aptitudes professionnelles pour une meilleure productivité ; et la croissance de l’emploi et le développement, mais le thème central est le rapport présenté chaque année par le directeur général du Bureau international du travail (BIT).


I. Maïga

12 Juin 2008