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Un nouveau départ ?
Depuis la fin du processus électoral en juillet 2007, qui s’est soldé par la réélection du président Amadou Toumani Touré, le Comité exécutif du Mouvement Citoyen (CENA) dirigé alors par l’ancien ministre Djibril Tangara, n’a pu reprendre ses activités. Ce sera chose faite, ce dimanche 20 avril, avec la Conférence des cadres de cette organisation que le tout nouveau président, Hamed Diane Séméga, s’apprête à piloter, au Centre international de Conférences de Bamako (CICB).

Réveil ou pas du Mouvement Citoyen ? Nombreux sont nos concitoyens qui s’interrogent sur les vraies motivations de la relance des activités de cette association politique qui a servi de socle au candidat ATT pour accéder à Koulouba en 2002.

La rencontre des cadres de ce dimanche s’inscrit, selon des sources autorisées, autour de trois grands axes. Il s’agit, tout d’abord, de réaffirmer le soutien du Mouvement Citoyen au président de la République et à son gouvernement, de permettre aux cadres de cette organisation de s’approprier le PDES en vue d’une large diffusion, de contribuer à mobiliser toutes les forces vives de la nation autour de la mise en route de ce Projet ambitieux. Voilà les questions sur lesquelles les cadres du Mouvement Citoyen sont invités à débattre.

Mais, au-delà de cet ordre du jour, des cadres mécontents, remontés contre le locataire de Koulouba qui les a empêchés de transformer l’association en parti politique, pourraient déverser leur venin sur le tout nouveau président, Hamed Diane Séméga.

De plus, nombreux sont les femmes et les hommes du Mouvement Citoyen qui se sont investis, corps et âmes, pour réussir le «Takokelen», espérant qu’en retour ils seront récompensés. Mais ceux-ci attendent toujours un emploi pour certains et un poste nominatif pour d’autres.

Déjà, des militants de cette organisation, qui avaient quitté certaines formations politiques comme l’ADEMA, à la recherche d’un poste ou de l’argent, sont de retour dans la ruche.

L’autre problème du Mouvement Citoyen, c’est que certains de ses animateurs ne veulent pas disparaître de la scène politique après le départ définitif de ATT en 2012. Aussi, souhaitent-ils que, tôt ou tard, cette association se mue en formation politique.
C’est d’ailleurs ce qui explique le départ de son premier président Djibril Tangara qui a créé un parti politique dénommé «Force Citoyenne Démocratique» (FCD) sans le consentement du mentor du Mouvement Citoyen, Amadou Toumani Touré.

Les camarades de Tangara l’avaient supplié de renoncer à son projet. En vain. Conséquence : il a passé la main, conformément aux textes du Mouvement Citoyen, à un dirigeant de cette organisation : son premier vice-président, le bouillant ministre Hamed Diane Séméga.

Cette situation a considérablement ralenti les activités du Mouvement Citoyen. Aujourd’hui, son nouveau président tente de les relancer tant bien que mal, en signifiant, à plusieurs reprises par presse interposée, que le Mouvement Citoyen n’est pas un parti politique et ne sera jamais un parti politique. Aussi, entend-il replacer cette organisation au cœur des actions que ATT sera amené à réaliser.

Réussira-t-il cette mission ? En tout cas, avec le positionnement des uns et des autres, Hamed Diane Séméga pourrait se retrouver seul si jamais les dirigeants du Mouvement Citoyen sont laissés bredouilles, affamés et exclus de la gestion du pays.

Chahana TAKIOU

18 avril 2008.