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Après plusieurs jours de tractations à Ouagadougou, le gouvernement et les groupes armés sont encore loin d’un accord pour régler la situation dans la ville de Kidal, toujours contrôlée par des bandes armées.

Pour les autorités maliennes désormais sous une forte pression populaire, la présence de l’armée à Kidal est une exigence alors que les bandes armées refusent toujours une entrée des soldats maliens. Cette semaine où les discussions directes entre les deux parties sont annoncées, sera décisive pour la tenue de la présidentielle annoncée pour le 28 juillet prochain.

Les négociations actuellement en cours à Ouagadougou pour tenter de parvenir à un accord sur le vote à Kidal ont du mal à avancer. Entre le gouvernement et les groupes armés qui occupent la ville, on est loin d’un accord. Pour Bamako, la présence de l’armée est une exigence. Le gouvernement ne cesse de rappeler qu’ »il ne pouvait y avoir deux armées dans le pays » et que la présence de l’armée nationale, avant même le 1er tour de la présidentielle, le 28 juillet prochain, était un impératif.

Cette position risque de ne point évoluer à cause de la pression populaire. Jeudi dernier, la population est descendue dans la rue à Gao pour interpeller Français Hollande sur Kidal une semaine après les mises en garde des organisations de jeunes et surtout de nombreux candidats à l’élection présidentielle qu’ils menacent de boycotter si Kidal n’est pas dans le giron de Bamako.

Tous les plans à l’eau ?

Du côté des groupes armés, on ne veut plus non plus évoluer. « Les concessions faites par le MNLA ont des limites qui ne peuvent être dépassées », soutient un de ses porte-paroles qui prétend qu’il n’est pas question d’accepter les propositions faites, principalement le retour de l’armée malienne sur le sol de Kidal. Il tente de justifier leur refus encouragé par la France par des exactions présumées ciblant des populations touarègues et attribuées directement à l’armée malienne ou à des milices travaillant avec elle.

C’est donc un échec, pour le moment, des discussions. En plus du risque d’une attaque militaire, dont les populations civiles ne sortiraient pas indemnes, un échec définitif des négociations entraînera sans nul doute un nouveau report de l’élection présidentielle programmé dans moins de 60 jours. C’est pourquoi, le chef de la diplomatie burkinabé, Djibrill Bassolé a poursuivi vendredi ses va-et-vient pour pousser les multiples groupes armés à un accord sur une plate-forme de revendication commune.

« Notre souhait est qu’ils se retrouvent à la table des négociations ensemble », souligne-t-il. Avant d’annoncer qu’il devrait rencontrer « cette semaine » des représentants des Nations unies, de l’Union africaine, de la France et de la Suisse pour « faire le point de la situation » avant « un dialogue direct » entre les groupes rebelles et le gouvernement qui s’annonce déjà compliqué et très crucial pour la sortie de la crise.

Abdoulaye Diakité

L’Indicateur du Renouveau du 4 Juin 2013