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Les 22 soldats pris en otage par Ibrahim Ag Bahanga ont été libérés dans la nuit de vendredi à samedi, a annoncé un communiqué du gouvernement sur les antennes de la radiotélévision nationale sans préciser les conditions dans lesquelles cette libération a été obtenue grâce à une action du Frère Guide de la révolution libyenne Mouammar Kadhafi.
Lors de sa conférence de presse du samedi 1er mars, le président de l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP), Dioncounda Traoré, répondant à une question des journalistes relative à la libration des soldats otages, avait laissé entendre qu’il allait de l’intérêt de notre pays de gérer ce dossier dans la discrétion. Dioncounda avait éffectué, peu avant la tenue de ce point de presse, une visite en Algérie, mais était revenu bredouille, sans les otages, comme le président ATT en décembre dernier.

Les soldats, détenus depuis six mois par Bahanga et Fagaga, sont fatigués et certains souhaitent pouvoir rapidement faire un bilan de santé a ajouté le site RFI qui indique qu’une cérémonie officielle devrait être organisé hier dimanche à l’intention de ces derniers otages à Kidal.

Si les Maliens se réjouissent de cette libération, il reste que les conditions dans lesquelles elle est intervenue taraudent les esprits. Et un communiqué de presse où une conférence de presse pour éclairer l’opinion publique ne serait pas de nature à remuer le couteau dans la plaie.
Mais hélas, nos autorités aiment très souvent laisser libre court aux rumeurs et autres supputations. Une chose paraît certaine : Bahanga, comme tout rebelle n’est point un enfant de chœur. Il l’a fait savoir à travers ses actes et ses revendications.

Le chef du groupe des bandits ou rebelles, qu’il est, a toujours réclamé, pour la libération des otages, le retrait de l’armée de Tinzaouatène ou encore une rançon selon de sources officieuses. Or tous les Maliens savent que son armée n’a pas quitté Kidal. Alors lui aurait-on promis une rançon et est ce que c’est la Libye à travers le Guide qui aurait réglé ou va régler ce détail ? L’histoire nous le dira. Mais, il n’est pas évident que les otages soient subitement devenus pour Ag Bahanga un boulet dans les pieds au point qu’il s’en débarrasse maintenant.

« On a l’espoir qu’après la libération des prisonniers, il y aura une ouverture de dialogue un peu sérieux, un peu ouvert, entre nous et le gouvernement à travers le Guide lybien Khadafi. » , a indiqué de son côté Hassan Ag Fagaga. Comme pour dire que la libération des otages est un acte destiné à ouvrir la voie du dialogue entre le mouvement et le pouvoir ? Que nenni.

Par Denis Koné

10 mars 2008