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Le riz se vend toujours entre 350 et 375 F CFA le kg. Au marché de Sogoniko, El hadj Touré, commerçant de cette céréale, déplore cette cherté. Il explique qu’elle n’est pas de leur faute. A l’en croire, sur leurs sites d’approvisionnement, le riz coûte encore cher. « Je ne peux faire autrement que de le vendre aussi cher », se défend-il.

Mohamed, également commerçant, lui, s’insurge contre le prix élevé de l’huile et soutient qu’il n’en tire aucun bénéfice à cause du fait que sur les lieux d’approvisionnement, l’huile demeure chère. « Je vends le verre d’huile à 50 F CFA. Malgré cela, mes clientes se plaignent. Je vais devoir abandonner ce commerce tant qu’il n’y aura pas de baisse du prix. Ce n’est plus du tout rentable ». Selon lui, la privatisation de certaines sociétés, en l’occurrence de Huicoma, est à l’origine de la hausse du prix de l’huile.

Si le litre d’huile à 950 F CFA est aujourd’hui un produit de luxe, la viande reste « intouchable ». Le prix du kilo commence à 1250 F CFA. Les bouchers regrettent cette situation. « Nous ne pouvons pas faire autrement », disent certains. Selon eux, les prix à l’abattoir sont toujours élevés.

Mme Kantao, comptable, ne voit aucun changement sur le marché des condiments alors que le « na songo » (frais de condiments) fixé par son époux n’a pas connu d’évolution. Mais malgré la crise, elle maintient l’équilibre de sa situation financière.

Sissoko Djénéba, ménagère, ne dit pas autre chose. « Par les temps qui courent, 1000 F CFA ne suffisent plus aux ménagères pour avoir de bons condiments, mais elles n’ont pas le choix. Avant la crise, mon mari me donnait 2000 F CFA, souvent plus, car nous sommes nombreux. Présentement, il ne me donne que 1000 F CFA. Je ne peux pas lui en vouloir. Je ne peux pas non plus en vouloir aux vendeurs de condiments, car eux aussi cherchent leurs intérêts. Il appartient aux femmes de maîtriser la situation et de se contenter de ce qu’on leur donne ».

Mme Diarra trouve que les condiments sont très chers. « Mon prix de condiments est minable, mais, je me débrouille avec. Je suis une habituée. C’est le coût du riz qui a compliqué la situation ».

Le soulagement des ménagères au marché de Sogoniko vient des légumes et des tubercules comme la pomme de terre, les oignons, la tomate, les choux, l’aubergine. Ces produits paraissent moins chers. « Exceptées l’huile et la viande, le reste est vraiment abordable », confie une ménagère.

Les commerçants déplorent la situation, mais les femmes dénoncent une augmentation des prix.

Anne-Marie Kéita

(stagiaire)

17 fév 09