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Et pour cause : le CNA-Mali remettait à l’association CFP le matériel utilisé dans le cadre du projet « 25 quartiers de Bamako, 5 femmes photographes » qui s’est déroulé dans les quartiers périphériques de Bamako du 07 novembre au 1er décembre 2005.

Une occasion rêvée qui a vu une exposition et la projection des meilleures images des photographes Fatoumata Diabaté (lauréate du prix « Afrique en création » et diplômée du CFP), Awa Fofana, Kadiatou Sangaré, Ouassa Sangaré et Alimata Diop.

Amateurs de la photographie, curieux et simples passants, tous s’étaient donnés rendez-vous au CFP pour apprécier à sa juste valeur le travail de génie effectué par ces cinq demoiselles photographes depuis le studio photo numérique ambulant du CNA installé dans 25 quartiers, et ce, trois semaines durant.

Et à l’intérieur de cette case de toile bariolée se trouvait une photographe équipée d’un réflexe numérique olympus E1, un drap blanc, un catalogue d’image et un ordinateur.

Chaque jour, dans ce studio assiégé par des dizaines d’enfants, près de 60 personnes se faisaient photographier devant le drap blanc, avec un décor libre.

C’est à dire que la personne choisissait elle-même le décor qui lui convenait. Parallèlement, la seconde photographe effectuait, tout au long de la journée, un reportage dans le même quartier, chaque jour, dont une soixantaine est sélectionnée après un tri savamment effectué.

Ces photos sélectionnées étaient ensuite mises en panorama et projetées sur écran géant devant le CFP sous une animation musicale pour adoucir les nerfs.

Trois semaines durant, chacun pourrait découvrir une partie de son quotidien dans cette flopé d’images perpétuées ans l’espace et dans le temps par le CNA-Mali, dans un décor planté au coeur du cadre de promotion pour la formation en photographie.

Une question qui brûle les langues

Pourquoi des femmes photographes? Jean Francis Meyer, Justine Bertheau et Kadidia Sidibé donnent la réponse : “Le choix de retenir des jeunes femmes relève d’un objectif spécifique. Il ne renvoie nullement à un principe intangible. Mais une exigence de valorisation des capacités féminines s’exprime fortement dans le monde contemporain. La défense de leurs droits (les femmes) et le respect de leur dignité, l’effort pour leur éducation et leur formation, animent aujourd’hui la réflexion et l’action d’une partie majeure des acteurs qui oeuvrent pour le développement de l’égalité des sexes. La situation des femmes, dans la société, qui joue pourtant un rôle majeur dans son organisation quotidienne, apparaît insuffisamment reconnue. Cela est particulièrement vrai pour les diverses disciplines artistiques où elles n’occupent qu’une place réduite, ce qui est dommageable à l’ensemble de la création artistique”.

C’est pour une présence plus remarquée des femmes dans la création artistique que le choix du CNA-Mali est tombé sur ces cinq demoiselles photographes. Vivement les prochaines rencontres africaines de la photographie.

Adama S. DIALLO

08 décembre 2005.