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Le dépôt des dossiers de candidature pour les 837 postes à pouvoir dans divers domaines pour le compte de la fonction publique de l’Etat vient de commencer. C’est une atmosphère de business qui règne à la direction nationale de la fonction publique. Des « parqueurs » aux vendeurs de timbres, avant que les loups ne réagissent en proclamant victoire.

L’on continue de soutenir tambour battant que des structures comme l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE) et l’Agence pour la promotion des jeunes (Apej), tout comme la récente « Marche de l’emploi agricole » sont, entre autres, des initiatives des pouvoirs publics visant à réduire le chômage, ou à favoriser l’insertion des jeunes dans le monde professionnel. Le président de la République, dans son adresse de nouvel an, ne s’était pas empêché de dire qu’il créerait 8000 emplois en 2008.

Où en sommes-nous aujourd’hui ? Quelle est la finalité de tout cela ? Nulle part. Le constat est tout simplement amer.

Il suffit de faire un petit tour ces jours-ci à la direction nationale de la fonction publique et du personnel pour s’en rendre compte. C’est tout un capharnaüm avec une cour qui refuse du monde et un parterre de jeunes diplômés, désespérés par leur niveau de vie actuel et cherchant à déposer leur dossier de candidatures pour l’un des 837 postes à pourvoir dans divers secteurs de l’administration publique.

C’est tout un business qui entoure ce dépôt de dossier en attendant le grand saut dans l’inconnu, le saut de tous les caprices, de la désillusion. D’abord, devant la direction nationale de la fonction publique, les « parqueurs », jadis isolés, se frottent maintenant les mains et se permettent même de négliger des motocyclistes qui débordent sur le goudron. A côté d’eux, ce sont des vendeurs de timbres qui harcèlent les futurs candidats.

Des timbres dont la qualité n’est pas du reste garantie, car des postulants se plaignaient qu’on leur avait vendu des timbres périmés. Après avoir franchi ces « épreuves », timbres et parking, place au dépôt proprement dit. Il faut certainement de grands moyens humains et matériels pour faire face à la pléiade de candidats.

Pour les postulants, ce n’est pas du tout de la mer à boire étant donné qu’il faut endurer pour voir son tour arriver. Raison de plus pour se convaincre que nous sommes loin du scénario « paradis » proclamé à haute et intelligible voix par les autorités.

Dans l’attente du « précieux » concours, qui a habitué les citoyens à des contestations, des scénarios contradictoires, au népotisme et à l’application de l’adage « deux poids deux mesures », des supputations taraudent les esprits des postulants. Certains de ceux-ci songeraient même à bénéficier de la « protection d’un bras long », pour se faire une place à l’ombre.
Pauvre Mali !

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

26 Juin 2008