Partager

Aux termes de leur mission de quarante-huit heures, les membres du conseil de sécurité de l’Organisation des nations unies (Onu) ont tenu une conférence de presse le lundi 3 février 2014. Animée par le représentant permanent de la France à l’Onu, Gérard Araud et celui du Tchad, Banté Mangaral, la rencontre a été l’occasion de donner le sentiment général de la communauté internationale sur le processus de sortie de crise au Mali.

jpg_une-2612.jpgAprès avoir rencontré les autorités maliennes et les représentants des trois groupes de rebelles que sont le mouvement national de libération de l’azawad (mnla), le haut conseil pour l’unité de l’azawad (hcua) et le mouvement arabe de l’azawad (maa), les diplomates onusiens louent une «volonté manifeste» de la part de toutes les parties pour «trouver une solution durable à la crise récurrente».

Le processus de normalisation du pays qui se trouve actuellement en panne n’a d’autres acquis que la libération de prisonniers de guerre par le gouvernement, l’évacuation de bâtiments publics par les rebelles. Le processus de cantonnement est encore à une phase préliminaire. Ce qui, au gouvernement, suscite des grincements de dents par rapport à l’action de la Mission intégrée des nations unies pour la stabilisation du Mali (Minusma). Pour Gérard Araud, l’objectif de désarmement des groupes armés est évident. «Il ne peut pas y avoir de Mali avec des groupes armés», a-t-il indiqué.

Mais comment parvenir à ce désarmement ? L’ambassadeur de France à l’Onu instruit aux différentes parties de s’inscrire dans le cadre de l’accord préliminaire signé à Ouagadougou le 18 juin 2013. L’article 6 de ce texte, selon lui, privilégie le cantonnement qui sera suivi de négociations politiques. Et le désarmement ? Cette étape semble être subordonnée à la signature d’un accord global. «La finalité de ces négociations est la signature d’un accord politique», selon le diplomate.

«Nous avons noté un certain ralentissement dans le processus mais suite à nos réunions avec les autorités maliennes, les groupes armés, la société civile et l’ensemble de la communauté internationale présente au Mali, nous sommes encouragés du fait qu’il y ait une volonté d’aller de l’avant», consignent les quinze membres du conseil de sécurité dans une déclaration, qui encourage «les parties à entamer des discussions inclusives en vue d’une solution durable sans préalables».

«Nous devons rester vigilants surtout dans un contexte de défis asymétriques. L’absence d’un cadre politique inclusif risque d’être exploitée par des ‘’fauteurs de trouble’’», alertent-ils dans leur déclaration lue par Banté Mangaral.

Pour les négociations, plusieurs canaux sont en train d’être explorés en marge de la médiation initiée par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (Cédéao) et conduite par le Burkina Faso. La médiation algérienne sollicitée par les groupes armés a reçu l’onction du gouvernement malien, avec la réserve que la négociation finale se ferait à Bamako. Une hypothèse à laquelle souscrit la communauté internationale. «Notre compréhension de tout ce qui est tenté à Alger ou à Ouagadougou est que ce sont des efforts préliminaires… Le sort du Mali se règlera à Bamako», a souligné Gérard Araud.

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE

Le 4 Février 2014