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Pour les impératifs de sécurité, les autorités maliennes doivent annuler purement et simplement le forum mondial de la secte Dawa, prévu dans notre capitale, du 14 au 21 septembre.

Pour la première fois, les fanatiques religieux du monde entier, se réclamant de la secte Dawa, alliés d’AQMI, de MUJAO, d’Ançar dine, de Boko Harm, de MNLA… tous adeptes du réseau terroriste mondial d’Al Qaida, se sont donné rendez-vous dans notre capitale du 14 au 21 de ce mois, pour un forum.

Ainsi, près de 5000 adeptes de Dawa sont attendus à Bamako venant du Pakistan, d’Afghanistan, d’Inde, d’Algérie, de Mauritanie, de Tchad…et du Mali pour ce forum qui début, en principe, ce vendredi.
Leur QG serait probablement la mosquée Markaz de Banankabougou en commune VI; mais sans nul doute, ils sillonneront toutes les rues de la capitale et même des villes de l’intérieur, au cours de leur séjour malien.
Mais la question qui taraude les esprit est de savoir si dans le contexte actuel, il est bien indiqué pour notre pays d’abriter de cette rencontre à haut risque.

En effet, vu la donne actuelle avec l’occupation des 2/3 du territoire malien par les alliés de la secte Dawa (MNLA, MUJAO, Ançar Dine, AQMI, BOKO HARAM…) et la proximité avec la date anniversaire de l’Indépendance du pays), les autorités de la transition doivent annuler cette rencontre de tous les dangers.

Les alliés des congressistes (Dawa), les intégristes qui contrôlent le Nord de notre pays (MUJAO et Ançar Dine en particulier) ont exprimé recensement leur volonté de conquérir le Sud du Mali «sans combat».
Ce forum serait sans doute le début de concrétisation de cette volonté.
Car, il n’est un secret pour personne que le leader d’Ançar Dine au Nord, Iyad Ag GHALY, est un membre très influent de la secte Dawa. D’ailleurs, il est le précurseur cette secte dans dans notre pays au Sud comme au Nord.

En effet, bien qu’ayant sa résidence à Garantigibougou (commune V du district de Bamako), Iyad priait à la mosquée Dawa de Banankabougou (commune VI), aux côtés de ses hôtes fanatiques du Pakistan, d’Afghanistan, de Mauritanie… mais aussi du Mali.
Il a ensuite fondé l’Ançar Dine, une branche locale, pour pérenniser la Dawa.
Toutes ces sectes ou associations islamistes radicales sont liées au réseau Al-Qaida et à AQMI (une émanation du GSPC algérien).
Dans un tel contexte, seul le Mali peut accepter un forum sur la partie du territoire qu’il contrôle.

Dans ce contexte de sécurité nationale fragile, accepter la tenue du forum de Dawa mondial, un des bras armés pacifiques d’Al Qaida, né sur les cendres de l’ex GSCP (Groupe salafiste pour la prédication et le combat), est un suicide collectif, surtout que le MUJAO, l’Ançardine, le Boko harm sont des émanations locales d’Al Qaida. Ces émanations locales ayant été créées pour pérenniser sur le terrain le réseau terroriste Al Qaida.

En tout cas, aujourd’hui, seul le Mali peut permettre que de telles rencontres se déroulent dans sa capitale, dans l’irresponsabilité la plus totale. Comme si on retourne au temps d’ATT qui avait autorisé la tenue du forum des homosexuel sous prétexte de lutter contre le sida, en 2011, dans l’irresponsabilité, dans laxisme inexplicable, inadmissible.
Aujourd’hui encore, les 2/3 du pays sont occupés par les alliés de ceux qui veulent envahir à partir de ce vendredi notre capitale. C’est en ce moment critique que les autorités acceptent la tenue de ce forum des fanatiques du monde entier chez nous, au Mali.

Au même moment, avec la riposte de l’armée à Diabaly contre les infiltrations, la semaine dernière, le MUJAO a déclaré la guerre au Mali.
Cette sortie du Mouvement prouve à suffisance, s’il en est encore besoin, que le MUJAO, la Dawa, AQMI… MNLA sont les mêmes.
Depuis l’occupation des régions du Nord (Kidal, Gao, Tombouctou et une partie de Mopti), par ces islamistes, les populations sont soumises à toutes sortes d’exactions: coups de fouet, lapidation, amputation des membres, viols, vols, brimade, assassinat…
La dernière en datte est l’amputation, avant hier, dans l’après-midi, par le MUJAO, d’une main et un pied de 5 présumés voleurs à la place d’Indépendance de Gao.

Deuxième raison pour laquelle les autorités doivent annuler ce rendez-vous de Bamako, c’est la proximité avec la célébration de la date anniversaire de la fête de l’Indépendance du Mali, le 22 septembre prochain.
En effet, la méthode forte de ces intégristes, islamistes, fanatiques…radicaux, c’est de s’attaquer aux symboles d’une nation, d’une religion, d’une culture (les destructions des mausolées de Tombouctou, de Togouna à Douentza ou même les symboles américains en septembre 2001 sont révélateurs).

Après le cauchemar que le peuple malien a connu au Nord, on ne doit plus donner l’occasion à ces intégristes de saper le moral national de toute une nation, en frappant au cœur de Bamako.
Sur ce plan, comme dit l’adage:  »Vaut mieux prévenir que guérir ».
À c sujet, les propos du général Tienfing KONATE, ministre de la Sécurité intérieure et de la protection civile, à Sélingué, parus dans l’Indépendant d’hier, ne nous rassurent pas : »Après le 21 septembre, les participants à la Dawa ne passeront pas un jour de plus au Mali ».
Certes, le ministre a peut-être les moyens de sa politique, mais ces radicaux sont souvent en avance sur les armées les plus puissantes au monde.

Mieux vaut, donc, les tenir hors de nos frontières par précaution et anticipation.
Car, pour notre part, à cause de l’impératif sécuritaire, les autorités doivent simplement dire non à la tenue de ce forum à Bamako. Durant leur séjour, ces Afghans, Pakistanais, Mauritaniens, Algériens, Nigérians… peuvent inculquer des idéologies qui seront des bombes à retardement.
Si la liberté d’association, de mouvement d’aller et de venir peut entraver la sécurité nationale, il faut interdire cette liberté.
Avec les temps qui courent, seuls les impératifs de sécurité doivent primer.

La Dawa est une secte originaire du Pakistan, qui est apparue en Afrique à la fin des années 1990.  »Cette secte compterait plusieurs centaines d’adeptes dans le Nord du Mali et serait présente dans plusieurs pays du Sahel, dont la Mauritanie, pays voisin du Mali. Iyag Ag Ghaly – chef d’Ansar Dine- un des groupes armés contrôlant le Nord, a été membre de la secte Dawa. Il a ensuite fondé son groupe islamiste radical, qui s’est allié d’al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) », nous comportait dans notre inquiétude, le site d’information Le Point.fr.

Hamdou TOGO

Info-Matin du 12 Septembre 2012