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C’est un groupe d’hommes plutôt harassé, présent à la cérémonie de clôture de la Caravane citoyenne solidaire qui a tenu à témoigner de son calvaire quotidien, le long des rails. Auparavant, ils n’osaient pas parler, considérant que l’Etat avait toujours raison. C’est à ce titre que les organisateurs, en l’occurrence le Cocidirail et l’Association française Ici là bas ont jugé que le parcours a été une réussite.

Ils ont pris la parole pour expliquer les péripéties de la caravane de 3 semaines à laquelle se sont joints des cinéastes allemands. Ils se sont rendus successivement à Kassaro, Badinko, Kita, Boulouli, Toukoto, Fangala, Oualia, Kayes et sont arrivés à Bamako, dimanche matin.

Le secrétaire à la communication de Cocidirail, Mohamed Tabouré a souligné que le voyage a été éprouvant mais riche en évènements et plein d’enseignements. “Il fallait, a-t-il dit, porter le message qui sort du plus profond de la population”.
La caravane, a-il soutenu, a mis en œuvre l’animation solidaire en cinéma, théâtre, musique et débats populaires.

L’association Ici là bas, aussi, s’exprime à travers la culture citoyenne par le biais du film, de la culture, du théâtre et de l’audio-visuel. L’association a témoigné de l’intérêt que les Maliens ont porté à la caravane.

Cette forme d’expression, selon elle, a permis à beaucoup de personnes de s’exprimer sur les problèmes liés à la concession du Chemin de fer. Le témoignage des participants à la caravane a été pathétique: “Des hommes meurent de faim à cause de l’arrêt de certaines activités commerciales, des femmes en période d’accouchement succombent par faute de moyens de transport”.

Toujours est-il que Tiékoura Traoré, président du Cocidirail, a fait l’analyse selon laquelle les citoyens, le long du rail, ont pris leur courage à deux mains et décidé, d’abord, de s’exprimer et de montrer ensuite toute leur détermination à faire changer les choses.

Ceci est d’autant plus significatif pour M. Traoré que ces gens qui souffrent des méfaits de la concession n’avaient jamais pris la parole pour exprimer leur ras-le-bol.

A Kita, a-t-on appris, certains sont contraints de se réfugier dans les collines, le jour, pour ne regagner la ville qu’à la tombée de la nuit, afin d’éviter leurs créanciers notamment les gestionnaires des caisse de micro crédit.

Ces populations qui se sont rendues à Bamako pour exprimer leur mécontentement entendent désormais adhérer à un mouvement social pour faire changer les choses.

Baba Dembélé

27 novembre 2007.