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Parmi les points qui font l’objet des discussions que le Front pour la sauvegarde de la démocratie et de la République (FDR) vient d’initier avec les autres regroupements politiques se trouve celui relatif à « la mise en place d’un gouvernement d’union nationale inclusif et représentatif ». Vouloir repartir à zéro en exigeant la formation d’un nouveau gouvernement ne semble pas être une initiative salutaire. Elle ressemblerait à un complot.

Lors de différentes sorties, les responsables du front anti putsch ont toujours proclamé, à cor et à cri, qu’ils n’ont pas été associés à la formation du gouvernement, mais ils l’accompagneront. «Nous prenons acte de la formation de ce gouvernement. Nous souhaitons qu’il réussisse ses missions», déclaraient Tiébilé Dramé et les autres.

A peine ces mots prononcés, à peine l’agression du président de la transition, Pr Dioncounda Traoré a soulevé les protestions nécessaires que les responsables du FDR semblent avoir opté pour un rapprochement vis-à-vis des autres regroupements politiques avec des calculs. Avec la COPAM, la CSM et les autres, le FDR propose d’«approfondir les questions relatives à la présidence de la Transition, à la mise en place d’un Gouvernement d’union nationale inclusif et représentatif, à une feuille de route pour ce Gouvernement de Transition, au rôle de l’armée pendant la Transition».

L’on se pose des question sur l’opportunité de telles démarches aujourd’hui. Comment expliquer qu’au moment où, malgré ses imperfections, l’équipe gouvernementale dirigée par Dr Cheick Modibo Diarra commence à s’enraciner pour lancer l’offensive sur le Nord occupé, des forces politiques se mettent à remuer ciel et terre pour la formation d’un nouveau gouvernement?

Les acteurs politiques engagés dans cette démarche mesurent-ils la maladresse de telles exigences qu’ils s’apprêtent à formuler expressément. Le FDR doit revoir la copie de ses concertations pour ne pas se faire reprocher un manque de patriotisme et d’esprit de sacrifice. On peut ne pas être membre d’un gouvernement, consentir des sacrifices, taire cette récrimination pour faire libérer son pays du terrorisme.

Bruno D SEGBEDJI

L’Indépendant du 14 Juin 2012