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La sanction prônée comme remède

« Trois jours durant, vous avez fait le diagnostic de l’un des plus grands fléaux qui mine actuellement notre administration. Les débats ont été tantôt passionnants mais jamais passionnés, tantôt houleux mais toujours courtois ».

C’est en ces termes que s’est exprimé le gouverneur du district, Ibrahim Féfé Koné, lors de la cérémonie de clôture des concertations régionales sur la corruption et la délinquance financière dans le district de Bamako samedi, au Centre international de conférence de Bamako. C’est vrai que les débats n’ont laissé aucun participant insensible et qu’il fallait éviter de verser dans la « délation gratuite du voisin » et d’amener certains à garder leur calme, du début à la fin des concertations.

Les participants, comme indiqué dans le rapport final, ont livré leurs constats, leurs expériences et leurs vécus dans les domaines, entre autres, des structures économiques, de la douane, des impôts, des affaires économiques, la justice, l’éducation, la formation, la santé, l’administration, la fonction publique, les collectivités décentralisées, les mines, les forêts, les forces armées et de sécurité, les médias…

Ils ont proposé des qualités meilleures dans les ressources humaines, de mettre fin à l’impunité, de sanctionner, de redistribuer équitablement les richesses, de renforcer les contrôles internes et externes et d’informer le public sur les textes. Les participants ont recommandé la formation morale des citoyens et la restauration de l’autorité de l’Etat. Ils ont mentionné la responsabilisation des chefs des services et la sécurisation des fonds publics (caisse unique, paiement par le Trésor).

Ils ont demandé qu’il soit sévèrement légiféré sur les cas de corruption et de délinquance financière. Ils ont exigé que l’Etat et ses démembrements donnent le bon exemple et que l’administration rende compte. Il convient, selon le rapport, de moraliser les marchés publics, d’exiger des factures et quittances de paiement.

Les participants ont, aussi, recommandé la moralisation de la constitution des partis politiques et celle de l’établissement des pièces d’état-civil. Le rapport mentionne la moralisation de l’attribution des logements sociaux, la publication des jugements et le renforcement de l’indépendance de la justice… Le président du comité préparatoire, Modibo Kéita a tiré les conclusions de ces concertations : « c’était d’aller à la base, d’écouter les populations, d’enregistrer leurs réactions et leurs visions par rapport au phénomène de la corruption et surtout recenser les propositions de solutions que les populations ont et qui peuvent contribuer à juguler ce phénomène.

Quand j’ai écouté les conclusions, les recommandations, j’ai estimé que les objectifs ont été atteints, reste maintenant à monnayer ces objectifs en termes d’actions concrètes pour que les objectifs finaux soient véritablement atteints, en perspective du débat national qui va intervenir après les concertations régionales ». Le gouverneur avait laissé entendre que ces objectifs doivent être la thérapeutique pour améliorer les conditions de vie des populations et pour la bonne conduite des affaires de l’Etat.


Baba Dembélé

29 Septembre 2008