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La Primature vient de commettre une autre gaffe en constituant un comité technique bancal chargé de l’élaboration des termes de référence de la Concertation nationale. Les forces pro CMD en sont pour l’essentiel les membres.

Les masques finissent toujours par tomber un à un. La vraie réalité du retournement de veste de la Coordination des organisations patriotiques du Mali (Copam) est consécutive à la signature par le directeur de cabinet de la Primature, Pr. Oumar Kanouté, au nom du Premier ministre d’une décision n°2012-0104/PRM du 15 août 2012 portant nomination des membres du Comité technique chargé de l’élaboration des termes de référence de la Concertation nationale, dont Adama Traoré de la Copam est président.

La décision dont nous nous sommes procurés une copie indique que le Comité est composé de la Copam, de deux membres du Haut conseil islamique (HCI), d’un membre du Comité militaire de suivi de la réforme des forces de défense et de sécurité (CMSRFDS), d’un membre d’IBK-Mali 2012, du Cadre de concertation des femmes des partis politiques et d’un expert. De par la composition du Comité, on peut d’ores et déjà dire que c’est un échec pour CMD.

La semaine dernière la Copam avait conditionné sa participation à un gouvernement d’union nationale comme exigé par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) à la tenue préalable d’une concertation nationale. Elle a redit cette exigence après le communiqué de la présidence demandant aux regroupements politiques, société civile de déposer des CV de candidature.

Jusqu’à l’heure indiquée du délai des dépôts, la Copam n’avait changé de position. C’est un revirement de 190°C qu’a finalement opéré Hamadoun Amion Guindo et consorts. C’est sur les antennes d’une station internationale que les Maliens ont appris que la Copam a accepté de participer au gouvernement. Elle a justifié cet acte par l’acceptation par le président de la République de la tenue de la concertation nationale.

La tenue de la Concertation nationale signifie bien la participation des sensibilités politiques présentes. Mais tout porte à croire que c’est des termes de référence bancals que produira le fameux Comité. Ces temps-ci, il est impensable de constituer un Comité technique chargé de rédiger les termes de référence d’une concertation sans une représentation équilibrée des acteurs ou à défaut confier le travail à des experts indépendants.

Pourquoi CMD s’érige-t-il en pyromane ?

Amadou Sidibé

Les Echos du 21 Août 2012