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Alors que les partis politiques se battent pour avoir le maximum de places à la CENI, la société civile a déjà franchi ce stade. Les structures devant faire partie de la Commission Electorale Nationale Indépendante sont connues de tous. Il s’agit de la Coordination des Associations Féminines (CAFO), les Associations de Défense des Droits de l’Homme (AMDH), le Conseil de l’Ordre des Avocats, le Syndicat Autonome de la Magistrature (SAM) et les Confessions Religieuses. Chacune de ces organisations a droit à un représentant.

Le SAM et les confessions religieuses seront représentés respectivement par Adama Fomba et M. Sogoba de l’Eglise Protestante. Qui sont ces deux hommes ?

La société civile en avance sur la société politique

La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) est composée de 15 membres au niveau national répartis entre la société civile et la société politique. Les partis politiques, toutes obédiences confondues, ont droit à 10 représentants tandis que la société civile a 5 membres au sein de la CENI. La CENI est chargée de la supervision et du suivi de l’élection présidentielle, des élections législatives et communales ainsi que des opérations référendaires.

L’article 6 du chapitre II, parlant des choix des membres de la CENI et de ses démembrements met l’accent sur les critères de compétence, de probité, de bonne moralité, d’impartialité ainsi que la jouissance des droits civiques et politiques.

Les représentants du SAM et des confessions religieuses cités haut répondent bien à ces critères selon nos sources.

Adama Fonba, un militant engagé

Le représentant du SAM, M. Adama Fomba est un magistrat bon teint. Son militantisme, sa dévotion, son sérieux au travail et son engagement lui ont valu le poste de secrétaire général du comité directeur du Syndicat Autonome de la Magistrature.

Le comité directeur du SAM est l’instance suprême entre deux congrès. Tout récemment, Adama Fomba vient d’être muté comme juge d’instruction au Tribunal de Première Instance (TPI) de la Commune III du District de Bamako. Avant qu’il ne soit muté, M. Fomba était le procureur du TPI de la Commune VI.

M. Sogoba, un protestant bon teint

Au Mali, les confessions religieuses dûment reconnues par l’Etat sont de trois ordres : les associations musulmanes regroupées au sein du Haut Conseil Islamique, les églises catholiques et protestantes.

Dans l’histoire de la CENI, ce sont les représentants des associations islamiques qui ont toujours représenté les religieux au sein de la CENI de 1997 jusqu’en 2007. En prélude aux élections communales de 2009, les confessions religieuses ont convenu de désigner M. Sogoba comme leur représentant au sein de la CENI. C’est la sagesse, la tolérance religieuse qui l’ont emporté sur la passion et la déraison qui caractérisent les milieux politiques.

L’URD tergiverse entre Beffon Cissé, Abdoulaye Koita et Younoura Touré

Dans la répartition des dix postes réservés aux partis politiques sept reviennent à ceux de la majorité présidentielle. Cette majorité est formée autour d’un noyau dur composé de l’ADEMA, l’URD, le MPR, le CNID et l’UDD qui ont le plus grand nombre de députés à l’Assemblée Nationale. Pour ne pas faire de frustré, il serait bon que chacun de ces cinq partis politiques ait un représentant à la CENI.

Les autres partis politiques de l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès (UDD) qui se sont battus pour un second mandat à ATT se partageront les deux postes restants. Dans ce sens, l’Union pour la République et la Démocratie (URD) qui s’attend à un poste, tergiverse entre trois hommes, tous membres du bureau exécutif national (BEN) du parti.

Il s’agit de Abdoulaye Koïta, 3ème vice-président, Younoussa Touré, 3ème adjoint au secrétaire général et Beffon Cissé, 1er adjoint au secrétaire à l’organisation et à la mobilisation. Qui parmi ces trois personnes représentera l’URD à la CENI ?

Daba Balla KEITA

26 Septembre 2008