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Pour ceux qui connaissent bien le héros du 26 mars 1991, Amadou Toumani Touré, avait un penchant très poussé pour le gain facile. ATT s’est servi de l’Etat pour s’enrichir. A cause du gain facile, il a basculé notre pays dans le terrorisme. Conséquence : une crise sans précédent secoue le nord du Mali. Si le peuple ne veille pas sur le Gouvernement notre pays n’est pas l’abri d’une partition (Mali du Nord, Mali du Sud).

Absence de vision géostratégique et sécuritaire de la diplomatie malienne
Le Général Amadou Toumani Touré fut le premier chef d’Etat au monde à rencontrer le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qui est aujourd’hui devenu l’un des hommes d’Etat dont la politique est décriée par l’Occident à cause de ses déclarations et de ses choix politiques qui risquent de bouleverser l’équilibre fragile du Moyen-Orient. ATT aurait commis la maladresse de supprimer le visa d’entrée au Mali pour les Iraniens. Il n’est donc pas exclu que notre pays devienne un lieu de transit, voire un sanctuaire, surtout dans le septentrion pour d’éventuels terroristes iraniens.

Par ailleurs, ATT a permis à la Libye d’ouvrir un Consulat à Kidal sachant bien que ce pays n’avait pas de ressortissants résidant dans ladite localité. Le Général ignorait-il l’immixtion de Kadhafi dans la dernière rébellion touareg au nord du Mali ?
L’ancien président Moussa Traoré n’avait-il pas publiquement mis en garde la Libye dans cette affaire ? Kadhafi entretenait financièrement d’anciens chefs de la rébellion à qui il aurait exprimé sa volonté de voir un candidat touareg à l’élection présidentielle de 2007.

En permettant à la Libye d’ouvrir son consulat à Kidal, ATT ne savait-il pas que cela risquerait de détériorer les relations entre le Mali et l’Algérie qui ne souhaite pas une présence libyenne à ses portes à partir du Mali ? Ce Consulat libyen, qui est aujourd’hui fermé, n’allait-il pas servir de poste d’observation et de recrutement de combattants des services de renseignement libyens ? Cette présence ambigüe des Libyens dans le Nord risquait de constituer un obstacle à l’essor du tourisme, eu égard au passé terroriste de la Libye.
En effet, le nouveau Consulat libyen pouvait, malgré le retour de la Libye sur la scène internationale suite à la fin de l’embargo, servir d’appui administratif pour certains activistes étrangers à la solde de la Libye et de base de recrutement au compte de l’armée libyenne qui comptait plus de 2000 combattants touaregs.

Par rapport à l’ouverture du Consulat libyen, un dignitaire touareg n’a-t-il pas affirmé sur les antennes de RFI que tous les Touareg sont d’origine libyenne ? Aussi les incohérences de la politique d’ATT ont-elles crée une situation conflictuelle dans le nord du Mali où l’on assiste déjà à l’exacerbation de l’appartenance communautaire : rencontre des Arabes à Gossi, réunion des anciens du Gandakhoy (Association armée des populations noires du nord du Mali, opposée à la rébellion touareg par rapport aux questions intéressant le Nord).
Les incohérences de la politique d’ATT ont aussi terni auprès des autorités algériennes l’image de notre pays dont la gestion de la prise d’otages allemands avait été fortement décriée par l’Algérie.

Le GSPC au Mali

En effet, dans un article intitulé «Le Nord-Mali, sanctuaire du terrorisme et du grand banditisme» signé par Ahmed Bentaous,le Quotidien d’Oran du 22 mars 2004, affirmait que l’affaire des 14 otages européens libérés en août 2003 dans le Nord- Mali dévoile : «la véritable nature du régime malien et l’ambivalence de sa politique régionale : un Etat voyou qui, tout en s’attribuant les vertus de la démocratie et de la bonne gouvernance, compose avec le terrorisme (…). C’est dire que les autorités de Bamako ont fait preuve de laxisme et de complicité, et leur responsabilité, pleine et entière dans cette affaire, s’est confirmée jusqu’à la libération des otages moyennant le payement par l’Allemagne d’une rançon de 6 millions d’Euros (…). La suite des évènements a révélé que les terroristes du GSPC ont bel et bien bénéficié de complicités».

«Autrement, comment ont-ils pu disposer de réserves de nourriture, d’eau, de véhicules et de carburant pour survivre aussi longtemps… Tout ceci tend à corroborer la thèse de l’existence, depuis au moins deux années, d’un sanctuaire du terrorisme et du grand banditisme dans le Nord-Mali».
«Il est bien établi que les terroristes du Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC) qui activent la zone frontalière avec l’Algérie sont soutenus, au su des responsables maliens, en logistique militaire et autre, aussi bien par des tribus targuies installées au nord du Mali et du Niger que par des réseaux liés à Al-Qaïda.
Pis, l’irresponsabilité des autorités maliennes a généré une situation beaucoup plus dangereuse qui pourrait avoir des conséquences dramatiques sur la sécurité et la stabilité de la sous-région. Il s’agit de la présence au nord du Mali d’éléments étrangers avec d’importants moyens logistiques.

En l’absence d’un pouvoir malien effectif capable d’administrer l’ensemble du territoire, le phénomène de circulation des armes dans ces contrées désertiques du Nord, connu des services de sécurité maliens, a pris ces derniers temps des proportions énormes. Cette tolérance des tolérances maliennes a fait que certains groupes terroristes, jouissant d’une grande mobilité aux frontières, se sont transformés en véritables fournisseurs d’armes, provenant surtout des zones de conflits africains.»
Aujourd’hui, il apparait clairement que par son immobilisme et son laisser-aller face au redéploiement des groupes terroristes sur son territoire, le pouvoir malien est beaucoup plus préoccupé par la préservation de la trêve avec les chefs de tribus. C’est dans cette même perspective de démission et d’indifférence que le pouvoir malien a choisi Iyad Ag Ghaly, un chef de rébellion touareg pour mener les négociations avec le groupe terroriste d’El Para.

La voie de la médiation choisie par le pouvoir malien pour régler l’affaire des otages, même s’il a été sollicité par les autorités allemandes, reste à juste titre, mauvaise et contre- productive. Loin d’avoir anéanti ou neutralisé de quelque façon que ce soit ce groupe du GSPC, la médiation malienne a, au contraire, permis à ce dernier de se renforcer, de se légitimer davantage et d’extorquer, enfin de compte, une rançon fort importante qui lui servira dans des opérations d’achat d’armes et de recrutement parmi les nomades et les contrebandiers.
Cette complicité du régime avec les ravisseurs du GSPC est confirmée par le colonel Baba Touré, gouverneur de Gao, camarade d’ATT et négociateur dans l’affaire des otages, lorsqu’il affirme à travers les medias : «qu’ils priaient et prenaient du thé avec les ravisseurs».

Le rôle joué par Iyad Ag Ghaly

Quand à Iyad Ag Ghaly, qui était aussi un négociateur, il a son nom lié à toutes les affaires tordues au Nord- Mali. Ayant ses entrées à Koulouba et aux services de renseignement, il a plusieurs fois conduit les délégations de notabilités touaregs à Tripoli.
Iyad Ag Ghaly a servi d’intermédiaire entre les autorités maliennes et le déserteur lieutenant-colonel Hassan Fagaga qui réclamait sa part du gâteau dans l’ouverture du Consulat libyen à Kidal.

Extrait de Le Sphinx

L’Inter de Bamako du 25 Novembre 2013