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C’est en tout cas, notre constat suite à la visite de terrain que les responsables de la mine, les directeurs des services déconcentrés, les notabilités de Djidian et le sous-préfet central de Kéniéba, ont effectué sur les installations de la mine de Loulou incriminée à tord. C’était le jeudi, 16 Octobre dernier. Du constat sur le terrain, il s’est avéré que la folle rumeur qui a déferlé la chronique la semaine dernière ne repose sur aucune base solide.

La semaine dernière, une rumeur faisait état de l’éclatement des tuyaux d’évacuation des eaux usées et du cyanure, un accident qui aurait provoqué la mort d’animaux et empoisonné les eaux de consommation de la population riveraine. Sur place, le directeur de l’usine a fait constater à ses invités les installations visiblement intactes. Selon lui, son usine utilise des pipelines pour évacuer les eaux usées et le cyanure dans un bassin aménagé à cet effet.

Ces pipelines, comme a pu le constater les visiteurs, sont en acier. Le directeur soutient que dans le cadre d’une maintenance préventive pour faire roter les tuyaux afin d’éviter que la rouille ne les dégrade, l’usine a procédé, il y a deux semaines, à la rotation de 330 m en commençant par la sortie de l’usine où la pression dans les tuyaux est plus forte. Selon lui, ce sont des travaux qui nécessitent beaucoup d’équipement dont des grues pour soulever les tonnes d’acier. Donc, pour des mesures de sécurité, il est important d’interdire la voie d’accès à l’usine passant à côté des tuyaux. Mieux, le parcours de la tuyauterie est parsemé de place avec des précisions de distance et de numéros à appeler en cas d’urgence. Des unités de surveillance font la patrouille tout au long des pipelines toute la journée.

Le directeur Arama continue en affirmant que la partie incriminée par les rumeurs ne se situe même pas au niveau du village mais en face de la cité des travailleurs. Il ne voit pas de raison de mettre la vie des travailleurs en danger. L’usine, dira t-il, est dotée d’une technologie dernière génération de contrôle des pipelines, dès que la pression dans les tuyaux descend au dessous de 10 barres, cela se signale automatiquement, on sait qu’il y a un problème.

Il n’a été constaté nulle part d’arbres ou d’animaux morts.

La surprise du Directeur Général et des autorités locales

Après la visite de terrain, le Directeur Général du complexe, Chiaka Berthé, a convoqué une rencontre avec les chefs de village de Djidian, le sous-préfet central de Kéniéba et l’ensemble des directeurs de services régionaux concernés.

Il commença par dire toute sa surprise par rapport à la rumeur de l’éclatement des tuyaux. Il affirme avoir l’impression qu’il n’est pas Malien. Selon Chiaka Berthé, la société minière appartient à Randgold et à l’Etat du Mali. Donc, nous sommes tous concernés par la mine. Le directeur affirme que la mine ne se reproche rien en matière de préservation de l’environnement. Loulo est la seule mine au Mali qui pompe la boue à 7 km des populations. C’est d’ailleurs cette application stricte qui lui a valu la certification 14001. Aussi, que c’est la valeur de la société qui est en jeu et la part de 20% de l’Etat malien, que ce genre de rumeurs font fuir les investisseurs car la société est cotée à la bourse.

Il a surtout regretté le fait que les populations, malgré les injonctions des services de l’urbanisme de la région, font la sourde oreille pour s’installer dans la servitude des pipelines. A l’installation déjà des pipelines, la mine avait déplacé et dédommagé plusieurs familles à hauteur de plus 7 millions de nos francs.

Le chef de village de Djidian, et le sous-préfet ont tous affirmé leur étonnement quant à la rumeur de l’éclatement des tuyaux. Eux habitants de la localité n’ont rien vu ni rien remarqué de ce qui se dit. Ils ont lancé un appel aux populations à libérer les servitudes des pipelines et à respecter la distance réglementaire de 25 m de part et d’autre du canal abritant les tuyaux.

Les uns et les autres ont réaffirmé leur disponibilité à accentuer les activités de communication et de sensibilisation pour ne laisser aucune place à de telle rumeur, car ce sont les poumons de l’économie nationale qui sont en jeu.

La visite de terrain était conduite par le directeur de l’usine de Loulo, Dirssa Arama, assisté de plusieurs responsables de l’usine. Etaient présents les directeurs régionaux de Kayes de l’Environnement et de l’assainissement, de la protection civile, de la géologie et des mines et plusieurs hommes de médias.

Harber MAIGA

Envoyé spécial

Le Prétoire du 21 Octobre 2014