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La Fédération malienne de football tarde à communiquer le nom du nouveau directeur technique national. La porte est grandement ouverte à toutes les spéculations. En attendant, nous avons choisi de présenter les différents candidats. Aujourd’hui, Mamadou Coulibaly, Mohamed Magassouba et Mory Goïta, car, selon toute vraisemblance, le jeu se joue entre eux.

Mamadou Coulibaly

Né en 1959 à Dioro, Mad’Coulou est titulaire d’un diplôme de professeur de football obtenu en 1995 au Maroc après 4 ans d’études, sanctionnées par une thèse d’environ 300 pages sur « La politique de développement du football au Mali ». Dès la fin de ses études à l’institut national des sports, spécialité Football, il a effectué de nombreux stages de formation qui lui ont permis d’enrichir ses références. Entre autres, il a effectué 8 mois de stage international à l’université des sports de Leipzig (Allemagne) en 1989, un stage à l’Académie du football de Rio de Janeiro, au Brésil ( 1996), un stage à Monaco, en France, sous les ordres de Jean Amadou Tigana (1997) et à Clairefontaine en 2002.

Il aussi participé à de nombreux stages organisés par la CAF et l’UEFA. Au nombre de ceux-ci, on peut citer le stage de formation des experts de la CAF et de l’UEFA en 2007 ; le stage de formation des entraîneurs d’élite d’Afrique organisé par la CAF en 2004 à Bamako et le stage international organisé par la CAF et la Fédération anglaise de football au Nigeria en 2002. Même s’il n’a pas entraîné pendant 5 ans une équipe de première division, Mamadou Coulibaly peut se flatter de grandes aventures avec les sélections nationales d’âge du Mali.

C’est avec lui que les juniors du Mali avec la formidable génération des Seydou Kéïta, Mahamadou Diarra et autre Mahamadou Dissa et Adama Coulibaly se sont classés 3èmes au championnat du monde joué au Nigeria en 1999. Deux ans plutôt, la même génération s’est classée vice championne d’Afrique dans le championnat d’Afrique des cadets.

A l’en croire, il a fait acte de candidature pour apporter son expérience à la restructuration du football malien sur des bases scientifiques. Pour lui, l’organisation basique au niveau de la direction technique doit être élargie. « Les centres de formation et les écoles de football doivent être diversifiés et dotés d’instrument méthodiques avec un cahier de charge qui va réglementé la pratique du football à ces niveaux » nous a -il confié.

Mory Goïta

Il est loin l’entraîneur le plus titré au niveau national. Sous ses ordres, le Mali a remporté la coupe Amilcar Cabral en Gambie en 1997 (le 2è de son histoire après celui de 1989 à Bamako), la 1ère coupe militaire sous régionale de l’Office de liaison de l’Afrique de l’Ouest dotée du trophée ATT, en 2006 à Ouagadougou et la coupe UFOA.

Avec l’équipe nationale militaire, il a été finaliste de la 5ème édition de la coupe d’Afrique militaire que Bamako a abrité en 2005 (finale perdue contre l’Egypte) et quart de finaliste de la coupe du monde militaire qui s’est joué en Allemagne.

Depuis qu’il est entraîneur des sélections nationales en octobre 1990, Mory Goïta a connu, malgré des résultats assez flatteurs, des hauts et des bas. Il est souvent contesté en raison de ses choix et de sa philosophie de jeu.

Né le 11 décembre 1954, Mory Goïta est professeur de football à la suite d’un diplôme d’études approfondies (DEA) obtenu à Cuba en 1988, option sport, spécialité football. Il est titulaire de nombreux certificats et diplômes obtenus à la suite de stages internationaux. Il a, tour à tour, obtenu le brevet d’Etat de la fédération française de football à Clairefontaine en 1995, le certificate of attendance de la FIFA, en 1991, à Rabat au Maroc et le CAF Diploma au stage zonal de Bamako, en Août 2004.

Instructeur FIFA au Futuro III à Ouagadougou en Août 2004, il a obtenu le diplôme CAF au stage des entraîneurs de haut niveau au Togo, en janvier 2005. Cette somme d’expériences qui lui fait dire « C’est au regard de tout ce qui précède que je suis motivé plus que jamais pour occuper le poste de directeur technique national du football dans notre pays. Je pense disposer de la compétence nécessaire, de l’expérience qu’il faut et des qualités indispensables pour animer une direction technique nationale. Si on s’en tient aux diplômes et à l’expérience, il n’ y a pas photo ». Toutefois, pour certains, son état de santé ne lui permet pas d’assurer cette fonction. Mory s’en défend et affirme que son “mal“ n’a d’incidence ni sur son moral, ni sur son physique, et ne pourrait par conséquent avoir aucun impact sur rôle de DTN, s’il est confirmé à ce poste.

Mohamed Magassouba

Ce sortant de l’Ecole nationale d’administration du Mali a surtout fait ses preuves à l’extérieur où il a engrangé des titres en Afrique centrale. Il jouit d’un palmarès riche aussi bien avec des clubs qu’avec la sélection nationale du Zaïre devenu RDC.

Dans ce pays de l’Afrique centrale, Magassouba reste encore une référence du fait de ses résultats. C’est lui qui a conduit le Daring Club Motema Pempe à remporter la coupe d’Afrique des clubs en 1994. La même année, le club avait aligné une série de victoires dans de nombreuses compétitions locales.

Avec cette équipe, Mohamed Magassouba a véritablement dominé le football zaïrois, car il a notamment remporté le titre de champion en 1996, et a aligné deux titres de super champion en 1995 et 1996.

Avec d’autres clubs congolais dont le FC Saint Eloi Lupopo et gabonais ( Téléstars), il a également accumulé de bons résultats.

C’est lui qui a qualifié les Simbas de la RDC à la phase finale de la coupe d’Afrique, Burkina 98. Il a aussi réussi à qualifier la même sélection pour la phase préliminaire de la CAN Mali 2002 et de la coupe du monde 2002.

Fort de tous ces mérites, il a souhaité mettre son expérience à la disposition du football malien. Le Stade Malien de Bamako qui était engagé en ligue des champions l’engage en 2007, mais avec ce club phare de la capitale il a échoué (une super coupe du Mali et plus rien). Il a même été limogé avant terme.

A ceux qui pensent que ce passage a été une tâche d’huile dans son parcours, il repond : « Mon passage au Stade Malien de Bamako m’a permis de connaître les réalités du football malien. J’envisage de mettre ma riche expérience au profit du football de mon pays ».

Souleymane Diallo

10 avril 2008.