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Les critiques à l’encontre du président des Etats-Unis, Barack Obama, se multiplient et ses opposants n’hésitent plus à comparer ses débuts à la Maison Blanche aux deux mandats catastrophiques de son prédécesseur Georges Bush. Mais les adeptes du chef de l’État américain n’entendent point abdiquer. Une vraie guerre politique.

La tension monte visiblement entre l’administration Obama et ses détracteurs. Ces derniers ne ménagent aucun effort pour critiquer le moindre geste du président des Etats-Unis. Cela n’est certainement pas du goût de l’homme fort du pays dont les partisans et collaborateurs n’entendent pas rester inactifs face à ceux qui sont désormais vus comme les « détracteurs » de l’ancien sénateur de l’Illinois.

Le comble a été atteint avec les sorties médiatiques de l’attaché de presse de la Maison Blanche ces derniers jours. Robert Gibbs est agacé de constater dans des médias que son boss n’est pas choyé par des politiciens et de simples citoyens américains. A tel point que certains parmi ceux-ci comparent Barack Obama à son prédécesseur Georges W. Bush, en abordant les dossiers relatifs à la guerre contre le terrorisme, la justice, l’économie, la santé…

L’attaché de presse a sorti l’artillerie lourde en qualifiant de « folles » ces critiques. « J’entends ces gens (Ndlr les démocrates libéraux et la gauche) dire qu’Obama est comme Bush. C’est fou. Ils doivent être testés pour voir s’ils ne sont pas sous l’impulsion d’une substance », a fulminé R. Gibbs dans une interview publiée mardi par le journal de Washington DC « The Hill ». M. Gibbs poursuit dans le même journal que les accusateurs ne seraient satisfaits que sauf si l’un de leurs chefs de file, le représentant au Congrès américain « Dennis Kucinich était président ».

Comme conséquence de ses déclarations, M. Gibbs essuie les critiques de divers fronts. En outre, son absence au briefing habituel de la presse de mardi dernier alors qu’il devait l’animer conformément au programme initial communiqué par la Maison Blanche a été plus que révélatrice de la volonté de l’administration démocrate de ne pas livrer au public un officiel sous les feux des critiques.

Toutefois, Gibbs, un des fidèles lieutenants d’Obama, persiste et signe qu’il y a « 101 choses que nous avons faites » en 18 mois. Il fait notamment allusion aux réformes concernant les systèmes sanitaire et financier, l’avancée sur le chronogramme du retrait d’Irak, la loi sur l’équité de paiement pour les femmes, la touche de la diversité culturelle à la Cour suprême…

Perpétuation

Toutes choses qui, de l’entendement de l’attaché de presse, méritent « reconnaissance ». Surtout qu’il y a seulement quelques jours, le président hybride défendait devant des concitoyens à Las Vegas (Nevada) dont le moral était en berne que « j’espère que vous avez pris quelque temps pour apprécier tout ce que nous avons accompli jusqu’ici. Nous n’avons pas encore fini ».

Convaincus de la pertinence des points soulignés et minorant le contexte socio-économique exceptionnel pendant ce 1er mandat d’Obama, les dénonciateurs, particulièrement les libéraux, maintiennent que la gouvernance actuelle est loin de ce qu’on avait espéré au moment de l’accession du 44e président des Etats-Unis à la magistrature suprême.

Dans leur ligne de mire se trouvent la « réforme bâclée » du système de santé, l’économie, la lenteur dans la fermeture de la prison de Guantanamo, le service militaire et l’interdiction du mariage entre homosexuels. Sur ce dernier point, une journaliste de la chaîne de télévision MSNBC appelait « Bretzel humain » un conseiller du président américain à cause de ses éclaircissements sur la position de son mentor sur le mariage homosexuel.

Le conseiller David Axelrold avait expliqué qu’Obama était contre le mariage homosexuel, mais pour l’équité en termes de revenus pour les partenaires d’une relation entre gays.

Avec la multiplication des critiques, l’administration démocrate a donc du pain sur la planche et l’issue des élections sénatoriales de novembre prochain pourraient changer beaucoup de choses. Tant du côté des démocrates que de celui des républicains ou autres libéraux, de grands noms ne sont pas assurés de tenir leur place au Congrès.

C’est pourquoi, l’attaché de presse d’Obama a invité ses partenaires démocrates à resserrer davantage les rangs. « Les démocrates, ma personne incluse, doivent arrêter de lutter les uns contre les autres et débattre plutôt nos différences sur certaines politiques. Ils doivent être solidaires pour que chacun sache ce qui est en jeu », a-t-il souligné. En attendant, Bush fils pourrait bien se marrer des débuts de son successeur à la présidence des Etats-Unis.

Ogopémo Ouologuem

(correspondant aux USA)

13 Août 2010.