Partager

La vie revenait lentement à la normale dimanche à Mutsamudu, capitale de l’île d’Anjouan, après que l’armée eut mis fin à un soulèvement de rebelles opposés au président des Comores, Azali Assoumani. Les militaires ont repris samedi le contrôle des ruelles de la vieille ville de Mutsamudu, la médina, où des rebelles armés s’étaient retranchés pendant six jours, provoquant la mort d’au moins trois personnes. L’opération s’est faite sans violence après ce dernier épisode en date des troubles qui ont agité l’archipel des Comores à de nombreuses reprises dans le passé. Mais les rebelles ont réussi à s’échapper et leurs armes n’ont pas été retrouvées, selon des habitants. Dimanche, les activités du port sur l’océan Indien, suspendues plusieurs jours pour des raisons de sécurité, ont repris. « Le bateau Athens a accosté ce matin, les opérations de déchargement se déroulent normalement », a assuré à l’AFP Mohamed Houmadi, directeur technique du port. Dans les rues, les barrages militaires étaient toujours en place, avec des soldats toutefois moins tendus. Place Moroni, dans le centre historique, les militaires déconseillent, « pour des raisons de sécurité », de trop s’aventurer à l’intérieur de la médina. « On ne sait jamais, tant qu’on ne sera pas sûr à 100% qu’il n’y a pas un risque des rebelles », a expliqué un gradé. Les véhicules restaient rares et seules de frêles silhouettes traversaient les rues. Boulevard Mohamed Ahmed, dans la vieille ville qui a souffert de coupures de courant et d’eau lors des affrontements, des visages apparaissent aux balcons pour demander aux rares passants « quelques nouvelles de la situation », comme cette dame, son bébé sur les bras. Propriétaire d’une supérette, Mohamed Adinane est venu vérifier l’état de son magasin. « J’ai trouvé des produits périmés à cause de la coupure d’électricité », dit-il, estimant à « plusieurs millions » le manque à gagner des derniers jours. L’intervention de l’armée pour reprendre le contrôle du centre de Mutsamudu n’a pas provoqué de liesse particulière et n’a pas rassuré tout le monde dans cette ville où l’opposition au président de l’archipel, M. Assoumani, un ancien militaire putschiste, est majoritaire. »Avec armes et bagages » – « Où sont les rebelles, où sont les armes… Comment ces enfants ont-ils pu aussi facilement s’évaporer dans la nature avec armes et bagages, alors que la médina était complétement fermée » par le siège de l’armée, se demande un sexagénaire sur le pas de sa porte. AFP