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Si l’an un (1) d’IBK à la Présidence de la République a été fortement secoué par des scandales à répétition, l’ampleur donnée à d’autres faits mineurs a découlé de l’insuffisance, des fois, de l’absence totale du sens de l’anticipation chef les communicateurs du Gouvernement. Heureusement que ceux qui sont en charge de ce volet ont, tour à tour, et la suite du président de la République lui même, reconnu que la communication gouvernementale fut un grand échec durant les 12 premiers mois de la gestion du pouvoir.

De la repartie donc, car sans une réelle mise en cause, on ne saurait jamais corriger ses lacunes et autres erreurs du passé… N’empêche qu’au regard de la gestion faite du voyage du Président de la République en Chine, à l’occasion du Forum Economique Mondial de Tianjin, il y a lieu de se demander si ceux en charge du volet communication gouvernementale ont su tirer tous les enseignements de leur mea-culpa ? C’est beau de se goinfrer de tous les qualificatifs pour magnifier les retombées de cette visite. C’est encore beau de tomber dans les zèles au point de vouloir accueillir le président de la République comme un roi de retour d’une bataille victorieuse…

Encore faudrait-il qu’on soit en mesure de donner un agenda détaillé de la réalisation des vastes chantiers convenus avec la partie Chinoise. Or, pour nos deux braves Ministres qui étaient en face de la presse pour décortiquer ce voyage présidentiel, à savoir Moustapha Ben Barka de l’Industrie et de la Promotion des Investissements, et Mahamadou Camara de l’Économie Numérique, de l’Information et de la Communication, toutes les questions étaient apparemment les biens venus, surtout celles qui pouvaient leur permettre de se perdre en auto-encensement, sauf la question de l’agenda d’exécution des projets annoncés, avec à la clé des délais précis. Et quand surgit la question, les deux Ministres, qu’on dit dans les coulisses « être excellents », se sont perdus en conjectures.

Tous brillants et bruyants orateurs qu’ils sont, n’ont pu éclairer l’opinion là dessus serait-on en face de « grands éléphants », parlants des retombées de la visite présidentielle ? La réponse est sans doute non ! Mais le Gouvernement gagnerait plus à édifier la lanterne des Maliens qui restent majoritairement convaincus, par ces temps de la galère, que les chantiers ne se mangent pas. Autrement dit, ils semblent n’avoir rien aperçu dans la valise présidentielle de retour du pays de Mao qui répondrait à leurs attentes et préoccupations à court terme.

À savoir avoir à boire et à manger à leur faim sans passer par des « acrobaties » pour ce faire, avoir un salaire décent par ces temps de la vie, et surtout voir le Gouvernement prendre des mesures de première nécessité… C’est cela le premier souci des Maliens.

Sinon si des ouvrages et des chantiers de rêve suffisaient, le président Amadou Toumani Touré, à défaut d’un troisième mandat, aurait tout de même bouclé ses dix ans à Koulouba. C’est dire qu’un président de la République a beau fait, si ses actions n’impliquent pas d’effets sur le quotidien de son peuple, il n’aurait alors travaillé que pour son confort personnel. Et c’est comme cela aussi que naissent des « clans ».

Assane Sy DOLO

Le Soir de Bamako du 17 Septembre 2014