Partager

Avec l’inauguration samedi 24 mai 2008 de nouvelles salles de classes, c’est une grosse épine qui est ôtée des pieds des habitants de Solona en particulier et de la Commune rurale du Wassolo Ballé en général.

Les habitants du village de Solona et des 7 hameaux environnants étaient en liesse samedi dernier avec l’inauguration de nouvelles salles de classes construites sur financement de Manos Unidas (Mains unies), une ONG espagnole.

Solona est un village situé dans la préfecture de Yanfolila à environ 260 km de Bamako. A l’instar de nombreux villages du Mali, là-bas, 85 % de la population est analphabète.

Le village s’est doté d’une école de base seulement en 1999, dont les salles de classes étaient d’abord en huttes, en banco plus tard.

Ces infrastructures n’offraient pas de meilleures conditions de travail aux élèves et à leurs maîtres à cause de leur perpétuel état de délabrement. La qualité du bâtiment se ressentait finalement sur la performance des élèves.

« En 2004, lors d’un séjour à Solona, j’ai été interpellé par des élèves sur les problèmes qu’ils rencontrent dans le village, notamment le manque de salles de classes adéquates. Cette année-là, aucun élève de la 6e année n’avait réussi à l’examen d’entrée en 7e », raconte le père François-Xavier Diakité.

En plus du délabrement des salles de classes, s’ajoutait un autre problème : elles étaient insuffisantes pour contenir tous les élèves, car ce sont trois salles de classe qui abritaient les 1re, 2e, 3e, 4e, 5e et 6e années.

« Depuis, mon plus grand vœu était de pouvoir venir au secours de ces enfants, surtout les plus défavorisés du village et de ses 7 hameaux, en âge de scolarisation ». Ce vœu de l’abbé François-Xavier Diakité, qui a désormais fait de la lutte contre l’analphabétisme un cheval de bataille dans la Commune de Wassoulou Ballé, a été exaucé samedi 24 mai avec l’inauguration de nouvelles infrastructures scolaires modernes équipées.

Les nouvelles structures comprennent 4 salles de classes construites en ciment et équipées en tables-bancs et armoires métalliques, trois latrines et un bloc de bâtiments pour la direction, une salle de réunion pour les maîtres et un magasin. Le coût de construction et des équipements est estimé à 44 673 820 F CFA, entièrement financé par Manos Unidas. Les travaux ont été réalisés par Entreprise Ouattara Construction.

La cérémonie d’inauguration a mobilisé une foule d’habitants du village et des hameaux environnants ainsi que les autorités administratives et scolaires de la Commune de Wassoulou Ballé et du cercle de Yanfolila. Adama Magassouba, le directeur de l’école n’a pas tari d’éloges à l’endroit de l’initiateur du projet.

« Les salles de classes sont belles, confortables et équipées de matériels modernes. Elles vont améliorer le taux de scolarisation du village et des hameaux et offrir un confort pour les élèves et leurs maîtres ». Pour le directeur, deux autres difficultés restent cependant à aplanir. Il s’agit de la réalisation d’un point d’eau puisque l’école n’en dispose pas et de faire face au problème des salaires et de logement des enseignants.

Pour sa part, Manos Unidas, par la voix de ses responsables, a insisté sur l’entretien des nouvelles structures. Belen Bertrand, responsable des projets Mali, et Carmen Lacale, coordonnatrice de l’Afrique de l’Ouest de Manos Unidas, ont recommandé aux bénéficiaires de faire bon usage des infrastructures.

Ils ont encouragé les élèves à fréquenter l’école. Ce message n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd.

Le chef du village de Solona, les maîtres et élèves ont promis que « le joyau ne sera pas un dortoir pour les ânes errants, ni un poulailler ». Quant au directeur de Cap de Yanfolila, il a donné l’assurance qu’avec la construction de ces nouvelles classes, son service va œuvrer pour que l’école ait des enseignants en nombre suffisant. L’école a un effectif 350 élèves.

Denis Koné

(envoyé spécial)

27 Mai 2008