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Révolte des jeunes en commune IV : les autorités communales interpellées

Les autorités municipales en charge de l’implantation des bars et restaurants doivent prendre leurs responsabilités avant qu’il ne soit trop tard. En effet, l’anarchie qui règne sur la rue partant de la place Can vers Djicoroni Para, la Rue 455, est devenue un goulot d’étranglement pour les paisibles populations. La tension est tellement vive que le pire a été frôlé samedi dernier.

Pour peu, cela allait être la bataille rangée entre d’une part la promotrice du maquis « Saveurs ivoiriennes et sa colonie de filles qui hante les lieux et d’autre part le voisinage. Les véhicules des clients de ce bar-restaurant qui se garent n’importe où et n’importe comment, obstruant même les portes des maisons du voisinage et les devantures des commerces, ont atteint leur paroxysme. Un de ses clients qui avait refusé de dégager de la devanture d’un magasin de vente de ciment qui attendait un déchargement de camion, a mis le feu aux poudres. Heureusement que le propriétaire de ce magasin a fait preuve de retenue et de sang-froid pour pouvoir contenir la colère des habitants du voisinage qui, déjà excédés par ces maquis qui empestent leur vie, voulaient saisir cette occasion pour mettre fin à leur existence. Et allez savoir comment.

La police du 14è arrondissement, saisie de la question, a pour le moment calmé les ardeurs belliqueuses de part et d’autre. Mais jusqu’à quand ? Se demande-t-on car les jeunes du coin ruminent encore le fait qu’une femme non malienne puisse venir leur dire à eux les Maliens, les yeux dans les yeux, «mais dans quel pays vous vous croyez ? ». Cela a laissé des traces. Heureusement qu’elle a accouru au même commissariat, dès le lendemain, pour y provoquer une rencontre de conciliation en présentant toutes ses excuses. Cependant, son client conducteur de ce véhicule de l’Ambassade du Canada au Mali qui a provoqué l’incident, devrait faire preuve de beaucoup plus de retenue et de courtoisie, pour préserver l’image du Canada, un pays respecté au Mali.

Précisons que ce restaurant dénommé «Saveurs ivoiriennes» semble avoir l’aval, selon nos sources, de certains agents véreux de la Mairie de la Commune IV du District de Bamako. En effet, comment comprendre qu’on puisse accorder une autorisation à des détenteurs de bars et restaurants qui ne disposent même pas du plus petit parking pour que les clients puissent y garer leurs engins, alors qu’ils sont au bord d’une des routes les plus fréquentées de Bamako ? A midi, c’est le parcours du combattant pour trouver un passage sur cette route coincée par de multiples bistrots qui ont aménagé jusque dans la rue, laissant les véhicules des clients occuper carrément la chaussée, en se garant de part et d’autre, tous pneus sur le bitume. Pourtant, le Code de la route interdit bien de se garer en file double sur une route à double circulation. Mais qui doit faire appliquer la loi!

Cette situation soulève des interrogations et on se demande si la sécurité routière dont nous parlons tant n’est pas un simple mot. De retour de l’école, les enfants sont entre la vie et la mort car obligés de slalomer entre les voitures, en marchant sur l’asphalte réservé aux véhicules, les trottoirs étant déjà occupés par les bars, restaurants et autres vendeurs d’articles bling-bling. Comment se fait-il que l’on puisse autoriser des installations anarchiques dans cette commune ? Il y a pourtant des bars et restaurants qui ne dérangent personne car ouverts dans les règles de l’art. De toute façon, ce qui n’est pas normal, c’est ce qui est hors règle; ce qui est sans référence. Pourquoi n’existe-t-il pas, dans le parc de la mairie, des grues d’un certain gabarit, des grues capables de dégager illico presto nos voies des gros camions accidentés et des véhicules stationnés de sorte à constituer des dangers ambulants? Faute de tels engins, les usagers de nos voies sont fatalement condamnés à subir, des jours voire des semaines durant, des encombrements tels qu’on n’en connaît plus dans les grandes cités d’Afrique et du monde.

Pourquoi ne pas user des sabots d’arrêt, ces pièces qui servent à immobiliser sur place les véhicules en stationnement interdit. Faute de tels engins, le stationnement en Commune IV a la figure brouillonne d’une prime à l’anarchie et au désordre, chacun se laissant aller à faire ce qu’il veut, dans l’impunité totale.

Mais le plus grave, c’est lorsque dans un rayon de 50 mètres, on autorise l’ouverture de trois maquis à la fois, dont deux dans le même local. Est-ce que le seul investissement possible à Bamako en général et à l’Aci en particulier, ce sont les bars et autres places de débauche? Existerait-il aussi une autorisation qui donne à quelqu’un le droit de gêner les autres et de prendre leur sommeil en otage ? Vite, Messieurs de la Mairie, agissez avant qu’il ne soit trop tard car le ton monte chez les populations dans plusieurs coins de l’Aci et ne dites pas que nous avons été des oiseaux de mauvais augure. Une personne avertie…

Destin GNIMADI

Le Prétoire du 29 Novembre 2012