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Aujourd’hui, l’heure est aux négociations entre élus pour la composition et la mise en place des bureaux municipaux. En Commune IV les choses semblent se dessiner autrement. Des dizaines de millions de F Cfa décaissés et les tractations douteuses qui se mènent activement sur le terrain sont entre autres indices qui prouvent que les partis politiques traditionnels ne sont pas prêts à se soumettre à la volonté populaire. Une volonté qui risque aujourd’hui d’être sacrifiée sur l’autel du fait partisan.

En effet, ses rencontres secrètes seraient en cours entre les instances suprêmes du RPM, de l’Adéma, de l’URD et du MPR (tous des partis présents dans le nouveau conseil municipal de la Communes IV). L’objet desdites rencontres, indiquent nos sources est d’apporter un soutien sans équivoque au RPM dans le combat qui l’oppose à la liste indépendante Moussa Mara.

En clair, il s’agirait ni plus ni moins que d’empêcher Moussa Mara d’accéder au poste de maire de la Commune IV. Faut-il rappeler que c’est la liste indépendante Moussa Mara qui est arrivée en tête des communales du 26 avril dernier avec 14 conseillers.

Le RPM qui est pourtant dans son bastion électoral se positionne en 2e position avec 11 conseillers suivi de l’Adéma 6 conseillers, de l’URD 4 conseillers, du MPR 3 conseillers et la liste indépendante de l’Association Kaoural avec 3 conseillers aussi.

Si on tient compte de l’accord tacite non écrit intervenu entre les partis politiques eux-mêmes, le consensus doit être fait autour de la liste arrivée en tête pour le poste de maire.

Mais curieusement, cette règle risque d’être violée par les acteurs politiques qui ne veulent aucunement voir ni entendre qu’un indépendant contrôle une mairie quelconque au Mali. Et c’est là tout le malheur de Moussa Mara pourtant très bien apprécié par les populations de la Commune IV.

Ce dernier qui voulait signer le samedi dernier une alliance de gestion communale entre la liste Moussa Mara, l’Adéma, l’URD et le MPR à l’Espace Bouna situé à l’ACI 2000 a été surpris d’une demande de report formulée à la dernière minute par ses partenaires de circonstance pour «raisons techniques».

Mais en fait de «raisons techniques», ce sont les instances suprêmes de ces partis qui auraient sommé les responsables locaux desdits partis en Commune IV d’arrêter toute négociation avec la liste indépendante Moussa Mara et de se mettre à la disposition du RPM.

Ces tractations qui sont en cours obéissent à une seule et même logique, celle de la corruption politique. Le phénomène n’est pas nouveau sous nos cieux, mais il prend des proportions inquiétantes pour notre démocratie.

A chaque événement politique, surtout lors des élections, la pratique est dénoncée, souvent par les acteurs politiques eux-mêmes. Pour ce qui est de la mise en place des bureaux municipaux, certains partis et acteurs politiques sont soupçonnés de vouloir tordre le cou à la configuration dégagée par les urnes lors du scrutin municipal du 26 avril dernier.

Ils veulent s’accaparer des leviers municipaux en utilisant toutes sortes de pratiques frauduleuses. L’essentiel étant, pour eux, de prendre les commandes du maximum de mairies.



Commune III : Le maire sortant va-t-il rempiler ?

Parmi les 37 conseillers élus en Commune III du District de Bamako, les prétendants au poste de maire sont assez limités. Il s’agit essentiellement de Abdel Kader Sidibé, maire sortant élu sur la liste Adéma et Kamadou Sidibé de l’URD.

Dans une moindre mesure, la présidente du Mouvement des femmes Adéma en Commune III et non moins 4e adjointe au maire chargé de l’éducation. Si le combat se limitait entre le maire sortant et le candidat de l’URD, on aurait parié sur une victoire du candidat de l’Adéma qui est parvenu à signer une alliance de gestion communale avec le RPM (5 conseillers et le CNID 3).

Mais la candidature de Mme Djiré Mariame Diallo sur instigation de certains barons mêmes de l’Adéma risque d’amener une division dont ce parti n’a nullement besoin dans cette commune du District.


Comme si l’histoire se répétait
, en 2003 le maire sortant n’avait dû sa réélection que grâce au… RPM. Lâché par son propre parti au profit de Mme Djiré Mariame Diallo, Abdoul Kader Sidibé a été sauvé par un RPM qui voulait coûte que coûte sauver également le tableau issu des négociations, tableau dans lequel, il pavanait avec 2 postes d’adjoint (1er et 5e) et une figuration au Conseil du District.


Mais cette année,
les choses semblent se présenter autrement pour Mme Djiré Mariame Diallo. En effet, contrairement à 2003, elle n’a plus la confiance absolue de Soumeylou Boubèye Maïga, tout puissant directeur de campagne de la liste Adéma en Commune III.

Ce dernier n’a pas encore digéré les attaques en règles dont il a fait l’objet en 2007 de la part de cette dame. Soumeylou Boubèye Maïga avait toujours cru que Mme Djiré Mariame Diallo était avant tout une sœur à lui avant d’être une militante de 1ère heure de l’Adéma à N’Tomikorobougou.

C’est pourquoi, il s’est battu pour qu’elle soit présidente du Mouvement des femmes en Commune III ; 2e adjoint au maire chargé des finances de 1998-2003 ; 4e adjointe au maire chargé de l’éducation en 2004-2009.

Mais la surprise de Soumeylou Boubèye Maïga fut grande quand il a appris tout ce que Mme Djiré racontait sur lui.

Aujourd’hui de retour dans les rangs, Soumeylou Boubèye Maïga a du mal à faire un trait sur cette époque douloureuse. Un ressort s’est cassé entre les deux personnes.

L’autre grief reproché à Mme Djiré, c’est sa gestion des fonds PPTE en faveur des enseignants contractuels. Certains d’entre eux accusent ouvertement Mme Djiré de leur avoir demandé des dessous de table pour diligenter leur dossier. C’est là une accusation très grave contre quelqu’un qui prétend être maire.

Voilà deux raisons fondamentales qui plaident pour la reconduction du maire sortant, Abdel Kader Sidibé. Pétri d’expérience, ce dernier veut un autre mandat pour finir ses grands projets.


F.F

04 Mai 2009