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A Bamako, la gestion des déchets solides est un casse-tête chinois pour les populations. En l’absence d’espaces aménagés, certains n’hésitent plus à déverser leurs ordures en des endroits inappropriés. Des centres de santé, des cimetières, des marchés, des caniveaux, l’intérieur et les alentours des établissements scolaires sont souvent pris pour un dépôt final d’ordures.

Les familles riveraines au lycée « Aissata Diaby » et de l’ESGAF situés à la confluence des communes III et IV ont transformé la devanture de ces établissements en dépotoir. Des montagnes d’ordures ont commencé à y voir le jour. Certains mettent le feu à ces tas d’ordures pour en extraire du compost. La fumée dégagée empêche les élèves de suivre normalement les cours. Conséquences : nombre d’entre eux souffrent aujourd’hui de paludisme, de maladies broncho-pulmonaires, etc.

Face aux désagréments causés, le comité AEEM des établissements ont adressé une correspondance au maire de la Commune IV dans laquelle ils demandent l’enlèvement des ordures. La lenteur prise dans la satisfaction de cette requête a conduit les élèves des deux établissements à se faire entendre autrement.

Hier tôt le matin, ils ont marché sur la mairie de la Commune IV, leur autorité administrative de tutelle. Au nombre d’environ 400 élèves, ils ont pris d’assaut la cour de la mairie pendant une trentaine de minutes paralysant momentanément le travail. La police est intervenue pour prendre possession des locaux.

Les élèves ont été priés de rentrer pour laisser le soin à leurs représentants de s’entretenir avec le maire. Le maire a promis aux élèves que le processus de ramassage des ordures va commencer dès ce dimanche. Toutefois, il leur a fait savoir que l’enlèvement des ordures devant leurs établissements n’est pas que le travail de la Commune.

« Les 60 % des déchets déposés proviennent des familles de la Commune III », a affirmé le maire. Aux promoteurs des écoles, Issa Guindo a réitéré l’assainissement du cadre scolaire. A ses dires la création d’un établissement scolaire doit obéir à des conditions de salubrité. « Nous avons demandé à la mairie centrale de nous épauler sinon la gestion des dépôts d’ordures anarchiques n’est pas de notre ressort », a-t-il conclu.


Amadou Sidibé

08 Mars 07