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Condamné pour escroquerie à 2 ans de prison et au paiement de près de 400 millions de FCFA à son co-associé Mohamed Konaté : – Une remise en liberté provisoire de Aboubacar Samassa sous caution de 5 millions de FCFA – A cause d’un autre mandat du Tri

Condamné par le Tribunal de première instance de la Commune III à deux ans de prison et au paiement de plus de 400 millions de FCFA (396 millions FCFA à titre de paiement du principal et la somme de 269 millions FCFA de dommages et intérêts) pour avoir escroqué son co-associé Mohamed Konaté, le nommé Aboubacar Samassa, un jeune opérateur économique, a bénéficié de la liberté provisoire ordonnée par le vice-président du Tribunal de la Commune III, Karamoko Diakité, malgré l’opposition du parquet. C’était au cours d’une audience extraordinaire, le mardi 26 juillet, audit tribunal, sans la présence de la partie civile (elle n’a pas été citée à comparaître à l’audience). Heureusement pour elle, un autre mandat du juge de siège de la Commune IV, Yaya Karembé était aux trousses de Aboubacar Samassa pour une autre affaire de chèques sans provision. Ce dernier a ordonné qu’il reste en prison.

Rappel des faits : Mohamed Konaté a quitté la France, la terre qui l’a vu naître, pour répondre à l’appel du président de la République, Amadou Toumani Touré, à l’endroit des Maliens de la diaspora priés d’investir dans leur pays d’origine. A son arrivée, il fera la connaissance de Aboubacar Samassa, un jeune opérateur économique, spécialisé dans le commerce du bazin, très porteur au Mali. Ils ont décidé de mettre en place une société dénommée « Carrefour du Commerce SARL » en optant pour une gestion collégiale. Ensemble, ils vont solliciter auprès d’une banque de la place un prêt de 275 650 000 FCFA en vue de la réalisation d’une série d’activités dont l’importation de bazin.

Pour y parvenir, Mohamed Konaté hypothéquera son Titre Foncier objet de la parcelle K/91, laquelle avait fait des réalisations, évaluées, selon les experts, à 400 millions FCFA. Il fera aussi un dépôt de 80 millions FCFA auprès de cette banque. Les deux associés bénéficieront d’un contrat de signature avec les sociétés ERNEX et CHRISTEX (sociétés autrichiennes) pour la livraison de 500 000 mètres de bazin par an.

Courant septembre 2009, Aboubacar Samassa double son associé et reçoit la commande à son insu. Le malheur ne vennant pas seul, au même moment, une certaine Saran Simpara l’interpelle à la Brigade d’Investigations Judiciaires pour escroquerie. C’est ainsi que Mohamed Konaté a su que le nommé Aboubacar Samassa est un escroc de haut vol.

Et ce n’est que plus tard, à la suite d’une perquisition à son domicile, que Mohamed Konaté se rendra compte, à travers plusieurs documents, que son associé a bel et bien reçu les commandes du bazin, mais les avait cachées et utilisées à des fins personnelles. Le 28 septembre 2009, devant un huissier et un témoin, il a librement reconnu devoir à la société Carrefour du commerce une somme de 396 millions FCFA.

Après un jugement rendu par le tribunal de première instance de la Commune III, Aboubacar Samassa avait fui. Mais sur la base d’un mandat d’arrêt signé du Procureur Sombé Théra, il a été finalement arrêté le 20 juin dernier par le Commissariat du 3è Arrondissement, avant d’être mis à la disposition de la Brigade d’Investigations Judiciaires (BIJ). Il a été ensuite placé sous mandat de dépôt à la Maison Centrale d’arrêt de Bamako-Coura depuis lors et l’immeuble de Mohamed Konaté, d’une valeur de 400 millions FCFA, a été saisie par la banque.

Cette saisie, selon nos informations, n’a pas été faite dans les conditions requises en la matière. Comme si cela ne suffisait pas, la banque réclame à Mohamed Konaté, en guise caution réelle, 215 millions FCFA sur le fondement d’une demande de rééchelonnement déposée par Aboubacar Samassa, sur laquelle Mohamed Konaté dit n’avoir pas apposé sa signature. Mohamed Konaté dit compter sur la justice malienne pour être rétabli dans ses droits avant la libération de Samassa qui pourrait prendre la clé des champs car il l’a déjà fait après sa condamnation.

En tout cas, le message de Mohamed Konaté n’a pas été entendu puisque le vice-président du Tribunal de la Commune III, Karamoko Diakité vient d’ordonner la remise en liberté provisoire de Aboubacar Samassa sous paiement d’une caution de 5 millions de FCFA seulement, malgré l’opposition du parquet.

Lors de cette audience, le mardi 26 juillet, la partie civile n’était pas citée. Heureusement pour elle, un autre mandat du juge de siège de la Commune IV, Yaya Karembé, avait été décerné contre M. Samassa dans une affaire de chèques sans provisions. En même temps, son grand frère, Hamidou Samassa, qui s’est porté garant pour rembourser l’argent de Mohamed Konaté, a été aussi inculpé par le juge d’instruction pour dénonciation calomnieuse. Dès lors, toute la République s’est levée pour sa libertation pure et simple.

Alou B HAIDARA

28 Juillet 2011.