Partager

Décidés à garder leur site, cédé par le maire, contre espèces qui sonnent en trébuchants au richissime « San Zou », les membres de l’Association « Ben Ton » se disent déterminés, à user de tous les moyens, pour s’opposer à la vente de ce terrain, affecté à leur association par le Ministère des domaines, sous le numéro 0629 de la loi n°04-338 de 2004.

C’est apparemment, le scandale foncier le plus corsé de l’histoire de la commune III qui risque de péter à la figure du Maire Abdel Kader Sidibé, et non moins président de l’Association des Municipalités du Mali (AMM) : le morcellement et la vente, jugée illicite de l’espace destiné à la construction du marché de Bolibana, au bord de la voie qui mène à la Radio FR3.

Tout a débuté en 2004. Réunis sous la houlette d’Abdel Kader Sidibé, maire de la commune III, les occupants de l’espace, situé entre le marché de Bolibana (ex base aérienne) et la station Hadja Fily Diallo (Avenue Cheick Zaeid), non loin du Centre Islamique, ont été informés que ce site sera destiné à la construction de magasins et de boutiques, au profit des occupants.

C’était, conformément à l’application de l’article 7 du contrat, signé entre l’Association « Ben Ton » et la Fédération Malienne des Artisans du Mali (FMAM) d’une part. Et coup de théâtre : l’espace a été attribué en 2005 au célèbre Lassana Traoré « Dégé » de l’Entreprise Malienne d’Assainissement (EMAS -SARL), moyennant la bagatelle de 549 millions FCFA. Et plus tard, à des Iraniens à hauteur de 60 millions CFA et enfin au richissime « San Zou ».

Contacté par les responsables de l’Association « Ben Ton » et la Fédération Malienne des Artisans du Mali, le tout puissant Zoumana Traoré, alias « San Zou » et non moins « Pédégé » des stations « Sanké » n’y va pas avec le dos de la gamelle.

Il clame, à qui veut l’entendre, que cet espace, jugé propriété des commerçants et des Artisans de la commune, lui a été vendu par le Maire de la Commune III, Adel Kader Sidibé. Preuve à l’appui. Mieux, que pouvoir lui a été donné de construire sur la voie goudronnée qui mène à la Radio FR3 et à l’entrée du Génie Civil Militaire.


Des dizaines de millions CFA passés à la casserole

Du coup, c’est la consternation au sein de la commune III. En colère, les commerçants et les artisans décident de mettre fin au chantier. Mais pour les responsables de l’Association « Ben Ton », le maire de la commune III, doit s’expliquer.

D’abord, sur les raisons de cette décision, contraire à celle prise lors de sa rencontre avec les notables du quartier.

Ensuite, sur la destination des fonds générés par la vente, jugée illicite du site : plusieurs dizaines de millions CFA, fondus dans la nature. Comme beurre de Karité sous le soleil d’Aguelhoc.

Pour toute explication, indiquent nos sources, le maire de la commune III, Abdel Kader Sidibé, s’est contenté de baragouiner. Sans convaincre. D’où le mécontentement des occupants du site, décidés à faire barrage à ce chantier, jugé illégal.

Dans une plainte, déposée auprès du Tribunal de la commune III en septembre 2005 et à l’issue de laquelle, les occupants du site ont eu gain de cause, ils ont réclamé la restitution de leur terrain. Mieux, ils ont adressé une correspondance au ministre des Domaines de l’Etat et à son homologue de l’Administration Territoriale, le général « Kaf ».

Dans cette correspondance, ils expliquent la méthode déloyale employée, à leur égard, par le maire de la commune III du District. Mais aussi, leur détermination à aller jusqu’au bout de leur logique.

Pris de panique, Abdel Kader Sidibé multiplie les démarches nocturnes, surtout auprès du gouvernorat et des cadres de la commune III.

Pour eux, de deux choses, l’une : ou remettre les proprios de ce terrain dans leurs droits ou leur dédommagement.

Cette « enfer » risque fort de laisser un arrière -goût de caïcédra dans la gorge de celui qui est considéré, jusque -là au sein de l’Adema, un parti dit de « justice » et de « solidarité », comme un irréductible, en matière de transaction foncière. Il a vendu aux enchères, le terrain de football du quartier de Dar -Salam à l’Entreprise BECCEM et la Maison des jeunes du même quartier à plusieurs millions CFA.

Pire, avec un appétit vorace il vient de s’imixcer dans le lotissement du quartier de Koulouba – village et de Minkoungo en Commune III. Mais, c’est décision de vendre le titre foncier de l’association « Ben Ton » au célèbre « con- marchand », Zoumana Traoré, alias « San Zou » est la goûtte d’eau qui a fait déborder le vase.

Nous y reviendrons !

Jean Pierre James

14 Mai 2008