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En commune III du District de Bamako, le vote s’est déroulé normalement (au moment de notre passage dans certains centres de vote) avec la présence effective du matériel et du personnel électoraux, et le début des opérations à 8h. Cependant, une particularité à l’Ecole fondamentale de la base aérienne : le centre accueillait un couple d’électeurs de marque, le président de la République Amadou Toumani Touré et son épouse Lobo Traoré.

jpg_Sans_titre-1-78.jpgC’est à 9h45mn que le couple présidentiel est arrivé au centre de vote de l’Ecole fondamentale de la base aérienne. A l’accueil, le ministre de l’administration territoriale et des collectivités locales, Kafougouna Koné, le gouverneur de Bamako, Ibrahim Féfé Koné, le maire de la commune III, Abdel Kader Sidibé, le délégué général aux élections, colonel Siaka Sangaré etc.

C’est d’abord, Lobo-Ba-Aly Traoré, née le 8 septembre 1955 à Diré, sage femme, qui a accompli son devoir civique dans le bureau de vote 179. Ce fut ensuite le tour de Amadou Toumani Touré de voter dans le bureau 182. Sur l’extrait de liste électorale, il est inscrit dans la tranche de pages 1796/1889 sous les numéros d’ordre 422 (458 pour Lobo) et d’identification 04709527 (04709526 pour son épouse). Il y est précisé qu’il est né le 4 novembre 1948 à Mopti, militaire de profession. Son nom est entouré de ceux de deux élèves : Salif Tounkara, né le 17 février 1980 à Kita et Fanta Touré (pas sa fille), née le 15 avril 1979 à Goundam.


Comme à l’accoutumée, après avoir rempli son devoir, le président de la République s’est confié à la presse :
« Je suis là aujourd’hui en qualité de citoyen ordinaire et d’électeur simple. Je suis venu sans escorte et, sur ma carte d’électeur, il est écrit militaire et non président de la République. Chaque malien doit sortir pour accomplir ce geste simple mais combien significatif. Les élections de proximité sont les élections les plus difficiles. Ce sont des élections qu’il faut réussir et gagner. Des instructions ont été données au ministère de l’administration territoriale et des collectivités locales pour une bonne organisation matérielle. Mais le plus important pour nous, c’est la participation.

Nous savons que la participation est liée à certains facteurs limitants que nous et que nous allons corriger avec nos textes futurs. Mais aujourd’hui, il s’agit de sortir et de choisir celui ou celle en qui on a confiance. Voilà le sens que l’on donne aux élections municipales de ce jour et l’obligation du citoyen simple que je suis de venir répondre à un devoir civique.

Je pense que notre processus de vote est à revoir, mais le plus important, ce sont les conditions à remplir pour être électeur. S’il faut présenter la carte d’identité, la carte d’électeur, qu’il faut de surcroît aller retirer, le dispositif est très compliqué. Il nous faut simplifier ce dispositif, à l’image de certains pays où la carte d’identité et la carte d’électeur sont les mêmes.

Il faut simplifier la formule pour nous éviter à chaque fois de dépenser des millions, voire des milliards dans la confection des cartes d’électeur et l’établissement des listes. Parfois, il y a des gens qui ne savent pas où retirer leurs cartes, certains qui cherchent les leurs sans les retrouver, ou d’autres qui cherchent leurs noms en vain ; souvent des listes de Nioro se retrouvent à Banamba. Ce sont là des petites confusions qu’il nous faut corriger.

La relecture des textes sur les quinze années de notre processus démocratique, nous a permis de relever nos erreurs et j’espère que nous allons les corriger pour les élections futures. Au Mali, on n’a pas encore atteint un point où les gens décident de s’abstenir volontairement, mais ils peuvent être contraints par les circonstances.

L’inscription volontaire est une voie que nous sommes entrain d’explorer. Dans certains pays, quand ont dit qu’il y a eu un taux de 95%, souvent c’est parce qu’il y a 95% de gens qui sont venus s’inscrire volontairement. Mais, chez nous, dès que vous avez 18 ans, vous êtes inscrits.

Il y a des gens qui ne savent même pas qu’ils sont inscrits, ni où ils sont inscrits, encore moins où enlever leurs cartes d’autres. Il y a donc des facteurs limitants dans la participation, que nous souhaitons grande. Tant que nous n’arrivons pas à corriger pas ce goulot d’étranglement, nous n’obtiendrons pas la participation souhaitée ».


Sékou Tamboura

27 Avril 2009