Partager

Comme toutes les autres communes du Mali, la commune II du District de Bamako a voté dimanche 26 Avril 2009 aux élections municipales. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la tradition a été respectée encore: fraude, peu d’affluence des électeurs devant les bureaux de vote, attroupement des personnes dans les cours des centres de vote etc.

La commune II avait 20 partis politiques et candidats indépendants sur sa liste. Ce qui a suscité de l’engouement de la part des populations des différents quartiers composants ladite commune.

Notre premier constat a été que sur le plan de l’approvisionnement des centres en matériels électoraux, aucune défaillance majeure n’a été soulignée par les coordinateurs. Des petits problèmes qui ont été vite résolus par leurs supérieurs à temps. Conformément aux pouvoirs qui leur sont conférés, les présidents des bureaux et des assesseurs qui ne sont pas venus ont été immédiatement remplacés par d’autres personnes.

La deuxième remarque faite est qu’il n’y avait pas de bousculade entre les électeurs devant les bureaux de vote. C’est dire que l’affluence n’était pas au rendez vous, même si l’on sait que le taux de participation de cette année devancera les années précédentes.

Par exemple, plus de deux ou trois heures après l’ouverture du scrutin au bureau de vote numéro 52 de Médine (10h 56 mn), il n’y avaient que 41 électeurs qui ont accompli leur devoir civique et à Missira, à 11h 24 mn, seulement 50 personnes avaient fait leur choix entre les différents candidats. D’autres bureaux étaient au dessous de ces nombres. Si l’on voyait les électeurs entrer au compte goutte dans les bureaux, c’était le contraire dans la cour des dits centres.

L’affluence était énorme dans les cours, malgré une forte présence des forces de l’ordre. C’est dire que les attroupements étaient bien visibles entre les uns et les autres. L’on se demande ce que faisaient toutes ces personnes dans les centres de vote du groupe scolaire de Médina- Coura, de Missira, de Bakaribougou, de Kinzambougou, de Niaréla et de Bozola ?

Pour frauder ? L’on ne saurait le dire. Mais, l’on peut affirmer quand même qu’au centre de Bakaribougou, deux jeunes ont été appréhendés par les éléments du coordinateur Mamadou Singaré.

Ces jeunes qui voulaient accomplir leur devoir civique ont été pris avec des cartes d’électeurs d’autrui et n’avaient aucune pièce justificative pour prouver leur innocence. Remis par les agents de force de l’ordre, ces derniers ont fini par les relâcher, à cause de l’intervention des parents, amis et connaissances auprès d’eux.

Si ces deux jeunes ont retrouvé leur liberté, tel n’a pas été le cas de celui qui a été arrêté au centre de vote de l’école fondamentale Inemassa Cissé de Niaréla. Ce dernier avait à sa possession plus d’une dizaine de carte d’électeurs. Interrogé sur les raison de son arrestation, le policier qui a tenu à garder l’anonymat n’a pas voulu nous dire plus. « Il a été arrêté avec des cartes d’électeurs. Nous ne cherchons pas à savoir comment il les a eus, il expliquera ces motifs au troisième arrondissement lors de son audition ».

Au centre de vote de Bozola, le bureau numéro 4 était au centre de toutes les polémiques. Huit agents de la police maintenaient l’ordre à la devanture. Là, 454 électeurs devaient accomplir leur devoir civique. Mais, après 13 heures peu d’électeurs avaient voté. Pourquoi? Tout simplement il y avait une vive tension entre la présidente du bureau et les électeurs. Il s’agit du problème de témoignage.

Les électeurs reprochent à la présidente de ne pas les laisser voter avec le témoignage de quelqu’un. Cette dernière a fait savoir qu’ils viennent avec des témoins qui ne connaissent ni le nom de leur père ni celui de leur mère. Touche chose selon elle qui n’est pas autorisée par la loi. Comment tout un bureau de vote peut voter sans qu’une seule personne ne soit en règle? S’interroge la présidente qui a préféré taire son nom.

Vu des anomalies ou défaillances constatées çà et là, nous pouvons dire sans risque de nous tromper qu’il ya jusqu’à présent du chemin à faire pour qu’on ait des élections libres et transparentes


Absence remarquée des assesseurs en Commune III

D’après les informations collectées à la mairie de la commune III, 91213 électeurs sont inscrits sur les listes de la commune et 193 bureaux de vote ont été créés dans 23 centres.

21 listes de candidats sont réparties entre 18 partis politiques et 3 regroupements d’indépendants. A N’Tomikorobougou, hier le coordinateur du centre, Mamby Camara a noté 23 bureaux de vote.

Il a fait remarquer que l’affluence des électeurs a dépassé le taux qu’ils avaient l’habitude de recenser, le matin, au cours des précédentes élections. Il a signalé la défaillance de 7 à 9 présidents de bureaux de vote. Mme Djiré Mariam Diallo, tête de liste Adéma à N’Tominkorobougou a voté très tôt, aux environs de 8H15mn. Elle était accompagnée de Soumeylou Boubèye Maïga, 5ème vice président de l’Adéma et de l’ancien député de la commune III, Moustaph Soumaré.

Elle a fait état du retard dans l’ouverture des bureaux de vote et du manque d’encre. Ces problèmes, a-t-elle dit, sont inhérents à toute organisation. Elle a affirmé que la confiance à l’Adéma-Pasj devrait être renouvelée, car, c’est le parti qui gérait les affaires de la commune.

Au centre Aoua Kéita, à 10 heures, le coordinateur, Kandé Dramé nous a fait état de 6 bureaux de vote, d’une liste d’un peu moins de 3000 électeurs et d’un bon rythme d’affluence. Au Camp Digue, vers 11 heures, Mamadou Lamine Koné a fait savoir que ce centre comprenait 8152 électeurs et 17 bureaux de vote.

C’est au compte goutte, a-t-il dit, que les électeurs arrivaient et l’affluence dans la cour ne reflétait pas le vrai nombre des votants. De ce fait, il a craint que des fraudeurs et des spectateurs soient parmi ceux qui occupaient la cour du centre, malgré l’intervention des agents de sécurité. Un agent de sécurité a signalé que plusieurs votants restaient ensuite dans la cour.

Mamadou Lamine Koné s’est plaint du manque de craies et de lampes. Il a du, a-t-il ajouté, acheter, lui-même, un paquet de lampes. Il a soutenu qu’ils ont du remplacer des assesseurs absents. Le Premier ministre Modibo Sidibé a voté aux environs de midi, au centre de Badialan.

Il était accompagné du ministre de l’Administration territoriale et des collectivités locales, Kafougouna Koné, du colonel Siaka Sangaré, Délégué général aux élections, du Gouverneur du district, Ibrahima Féfé Koné, du maire du district, Adama Sangaré et du maire de la commune III, Abdel Kader Sidibé.

Le Premier ministre a lancé un appel : ‘’ que ceux qui ont retiré leur carte d’électeur viennent voter.

Que les uns et les autres viennent voter massivement, c’est un devoir citoyen. Maintenant, ceux qui n’ont pu avoir leurs cartes avant, ils ont une possibilité, suivant les procédures arrêtées, de retirer leurs cartes dans les centres de vote.

Donc, il n’y a pas de raison que les uns et les autres ne votent pas. Si nous voulons des communes dynamiques, il nous faut des équipes municipales dynamiques, donc il faut que les électeurs sortent massivement pour choisir les bonnes équipes. ‘’ D’habitude, ont dit les coordinateurs, c’est dans l’après midi que les électeurs se déplacent le plus pour voter.

Baba Dembélé



Commune I du district de Bamako : Affluence timide dans les centres de vote

De huit heures à 13 heures, il était pratiquement impossible de voir des rangs devant les bureaux de vote de la plupart des centres de vote de la commune I. Dans certains bureaux, il était rare de constater, au même moment, la présence de 2 électeurs.

Cette désaffection des bureaux de vote par les électeurs a fait que les urnes étaient pratiquement vides aux environs de 13 heures. Le centre de Boulkassoumbougou placé sous la coordination de Ousmane Koné, composé de 56 bureaux de vote, malgré une forte présence de groupuscules d’individus dans la cour de l’école, n’a pas fait exception en ce qui concerne le nombre des bulletins dans les urnes.

Au bureau 19, placé sous la présidence de Hama Kola Touré, à 12 heures, il n’y avait que 41 bulletins de vote sur 497 présents sur la liste électorale. Tout juste, à côté, l’urne du bureau de vote 18, présidé par Tiébarama Konéry, ne contenait que 43 bulletins de vote pour une liste qui compte 496 inscrits.

Du côté du centre Doumazana où 51 bureaux de vote sont placés sous la direction de Mamadou Cissoko, la situation n’était pas plus reluisante. Pratiquement, dans la majorité des 51 bureaux de vote, aucune urne ne contenait plus de 50 bulletins. A Djélibougou, le centre de vote situé au groupe scolaire de Djélibougou est doté de 37 bureaux de vote.

Placé sous la direction de Abdoulaye Singaré, la barre des 50 bulletins de vote dans les urnes ducentre, étaient rarement dépassée. Korofina Nord doté d’un centre de 18 bureaux de vote et placé sous la coordination de Mme Ouattara Aminata Coulibaly, a refusé de faire l’exception en Commune I. Et les urnes de ses 18 bureaux de vote, comptaient des bulletins qui variaient de 40 à 50.

Au centre de Banconi Zèguènèkorobougou, composé de 25 bureaux de vote, la situation était aussi dramatique. Boubacar Diarra, coordinateur adjoint du centre, est formel. Selon lui, de mémoire de responsable de centre, il n’a jamais vu une affluence aussi timide.

A part, l’arrivée au compte goutte des électeurs dans les bureaux de vote, tous les coordinateurs des centres que nous avons rencontrés, ont indiqué que les bureaux ont été ouverts à partir de 8 heures.

Selon eux tout le matériel électoral était disponible dès l’ouverture des bureaux et le personnel électoral présent. Mais, au moment où les différents coordinateurs de centre de vote nous indiquaient qu’il n’y avait pratiquement pas de difficultés dans leurs centres, les sons de cloches étaient différents du côté des superviseurs des partis politiques placés au niveau de ces centres. Pratiquement, tous dénonçaient des fraudes à ciel ouvert et s’accusaient mutuellement.

Et comme les différentes listes se sont engagées dans une course effrenée pour se battre à la fraude, des stratégies nouvelles ont été déployées dans l’après midi. Et avec un peu de chance, ces stratégies pourront aider à booster le taux de participation.

Pour drainer le maximum d’électeurs vers les centres de vote, pratiquement tous les candidats nantis ont mis à contribution de gros moyens pour mobiliser des Sotrama pour faire converger les électeurs vers les centres de vote. Vu la tournure des évènements, il n’y a aucun doute, la fraude associée à l’achat des consciences, feront la différence entre les candidats sur le terrain.

Assane Koné

27 Avril 2009