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Morcellement de parcelles et attribution de lot à usage d’habitation sur des terrains non habilités à cet effet, malversation foncière, attribution de parcelles en dehors de sa sphère de compétence et incitation aux troubles à l’ordre public, tel est le chapelet de faits reprochés au maire de la commune de Moribabougou. Mais le fait d’avoir dénoncé ses pratiques a valu à nos confrères de Moribabougou FM d’être copieusement molestés.

Le pot aux roses fera-t-il encore long feu après le rouleau compresseur du maire qui s’est enfermé sur un expatrié malien résident en France ? Notre “Français” de Montreuil, voulant investir dans son pays, a cru bon avant tout, de s’octroyer un lot à usage d’habitation. Malheureusement, il a mordu à l’appât du gain d’un maire qui n’était pas à son premier coup, en violation flagrante des règles de la décentralisation.

L’infortuné a obtenu une parcelle à usage d’habitation à Ngabakoro- Extension, contre le paiement d’une somme de 1 500 000 Fcfa, selon notre source, avec un permis d’occuper n° 1961, en date du 9 juillet 2007. Ce permis est signé du maire de Moribabougou (nous reproduisons en fac similé).

Mais, le nouveau propriétaire de la maison ayant pris connaissance des malversations qui sont de notoriété dans cette commune a entrepris de vérifier au peigne fin son cas personnel.

Une simple vérification au cercle de Kati dont relève les communes de Moribabougou et Ngabakoro a permis de découvrir la supercherie digne d’une cupidité sans vergogne, la zone en question ne relevant pas de la compétence du maire de Moribabpougou. Non seulement, le terrain a été attribué à l’insu du préfet de Kati qui n’a donc pas eu à le régulariser, mais aussi la parcelle appartient à quelqu’un d’autre.

Selon des sources proches de la population de Moribabougou, des conflits liés au foncier et impliquant le maire dans des cas de faux et usage de faux font légion et font partie du quotidien de cette commune. « Moribabougou abrite une poudrière qui risque d’exploser si rien n’est fait par les autorités administratives ».

Le préfet de Kati, le Gouverneur de Koulikoro et le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivité locales sont donc suffisamment avertis sur la gravité de la situation qui couve une tension sociale.

Selon nos sources, il y a seulement une semaine, le chef de village de Moribabougou, Ntji Diarra, accusé de s’opposer aux pratiques du maire et d’être en complicité avec certains adversaires de celui-ci, a été la cible, la semaine dernière de certains jeunes armés de coupe-coupes.

Il n’aurait eu son salut que grâce à ses propres enfants et sa femme qui ont dû opposer une résistance en prenant eux aussi des armes et en s’interposant. De telles situations peuvent sans doute dégénérer dans un bain de sang entre frères d’une même commune ou d’un même quartier.

Les reporters et ensuite le directeur de la radio de Moribabougou FM, Ibrahim Diallo, ont fait les frais : ils ont été copieusement molestés par les gorilles du maire. L’affaire est devant la brigade du Camp I et les responsables de cette radio sont déterminés à poursuivre les recours de droit.

Pour ce qui concerne l’expatrié, il a lancé au maire un ultimatum de 72 heures au-delà desquelles, s’il ne rentre pas dans ses droits (les sous engagés -1 million 500 000 Fcfa – ou alors l’attribution d’un terrain inoccupé), il porterait l’affaire devant les tribunaux.

Dans une précédente affaire qui l’a opposé à un opérateur qui assure la distribution d’eau dans les quartiers de Moribabougou et environnants, le même maire avait attribué des lots à usage d’habitation sur une zone traversée par des fils de haute tension (zone entre Sotuba à Koulikoro). Mais il s’est trouvé aussi que des tuyaux d’adduction d’eau passaient par là, enfouis sous la terre.

Mais quelle ne fut la surprise de l’opérateur Zeïna-Hydro, de découvrir que des nouvelles constructions qui démarrent dans cette zone interdite pour toute habitation, sont en train de lui causer des dommages en cassant les tuyaux, notamment.

Alors en attribuant des lots dans les domaines de cet opérateur de distribution d’eau dans ces quartiers, le maire s’opposait à toute logique sécuritaire et de sûreté pour les habitants de sa commune, exposés à un danger permanent (30 000 volts).

En toute bonne logique, le préfet de Kati n’a donc pas hésité à annuler tous les titres situés sous ces hautes tensions qu’il avait entérinés par méconnaissance. Aujourd’hui, face à la toute puissance d’un maire, des gens prennent l’élan d’une révolte.

(Affaire à suivre).

B. Daou

13 Mai 2008