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Malgré la décision du préfet de Kati d’annuler les permis concernant la zone de la haute tension, les occupants de cette emprise des pylônes de l’Energie du Mali (EDM) continuent tranquillement leurs travaux. Les supposés bénéficiaires de ces lots, après un moment de suspension de leurs travaux ont repris de plus belle la construction des soubassements pour certains, et mêmes des murs pour d’autres.

Ces personnes qui ne perdent plus de temps, sachant qu’on s’achemine vers la fin du mandat des conseillers communaux, accélèrent les travaux, encouragés par le maire Diarrah Diarra. A Moribabougou, les chantiers poussent et les constructions sont en cours un peu partout, malgré la cherté du ciment.

En certains endroits aux abords des rails, certains poteaux de haute tension sont menacés à cause des prélèvements de terre opérés tout autour, pour ramener la surface du terrain à un même niveau. Il est à craindre si certains poteaux vont résister aux intempéries (ruissellements et vents) de la saison des pluies.

Et si ces poteaux devaient tomber, ni la Protection civile, ni les Domaines de l’Etat, encore moins l’Administration Territoriale ne seront épargnés dans le partage de cette lourde responsabilité qui est à tout point de vue évitable. C’est dire que même les collines ne sont pas épargnées par cette distribution sauvage des parcelles sous des fils de haute tension.

Certains lots se confondent avec les rails et d’autres suscitent beaucoup d’interrogations quand à la faisabilité même d’une construction à usage d’habitation. Selon les témoignages, pour ce qui concerne les maisons déjà habitées et qui sont dans l’emprise des pylônes de la haute tension, il s’agit toujours des concessions mises en location par leurs propriétaires.

Et tout se passe avec la complicité d’un maire qui ne semble pas se soucier outre mesure de questions de sécurité pour ses populations.

Sinon comment un élu qui se soucie de la santé et de la sécurité de ses électeurs peut-il se permettre de leur distribuer des terrains sur un espace interdit d’habiter ? Or la loi fondamentale, la Constitution recommande un environnement sain pour tous les citoyens.

Le maire ou ceux qui acceptent de se faire gruger par lui peuvent-ils considérer cet endroit où on est exposé à la radiation, comme étant une habitation qu’il faut ? Encourager de telle pratique dont les auteurs ne sont jamais ceux qui habitent dedans, est sans doute une fuite de ses responsabilités de la part du maire Diarrah Diarra.

Ont la même responsabilité dans cette affaire louche et non citoyenne, ses adjoints Alhassane Maïga dit Maïga Djan et Moïse Sissoko. Comme on le constate malgré les mises en garde du préfet, les mêmes pratiques continuent.

Pire, en certains endroits les lotissements antérieurs sont remis en cause au profit de nouveaux acquéreurs en récupérant tous les petits espaces laissés. Un exemple à cet effet est le plan du centre commercial de Moribabougou, approuvé par l’urbanisme. Ce plan a été repris avec des modifications à leur guise.

Pour avoir dénoncé les pratiques de malversations, la magouille et les combines d’une municipalité, les reporters de la radio de Moribabougou ont fait les frais, y compris le Directeur de la radio Iba Diallo a été sévèrement molestés lors d’un reportage dans la commune.

Faut-il laisser faire les populations qui construisent en un endroit indu ? Faut-il laisser un maire agir contre le bien être durable des populations de sa commune ? La question mérite méditation et les différents ministères sont interpellés, à savoir la Sécurité et la Protection Civile, les Mines, l’Energie et l’Eau, les domaines de l’Etat.

B. Daou

28 Mai 2008