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syrte.jpgLe sommet des chefs d’État et leaders de la Communauté des États sahélo-sahariens (Cen-sad) s’est achevé dimanche à Syrte par une déclaration dite « Déclaration de Syrte« .

La sécurité sur le continent était l’un des principaux sujets de cette rencontre. Sur ce plan, le sommet a évoqué la situation au Darfour, en Somalie, en République Centrafricaine, la crise entre le Soudan et le Tchad.

A propos de la situation au Darfour, les chefs d’État ont exhorté toutes les parties qui n’ont pas signé l’accord de paix d’Abuja de mai 2006, à prendre part au processus de paix « dans les meilleurs délais« .

La tension entre le Soudan et le Tchad a également été au centre des discussions.

Sur la question, le président soudanais Omar el-Béchir a rencontré son homologue tchadien Idriss Deby à l’initiative du Guide libyen Muammar Khadafi.

L’entretien qui s’est déroulé en présence du président Amadou Toumani Touré visait à apaiser la tension entre les deux pays. Toujours à propos de la crise entre le Tchad et le Soudan, le Guide a été sollicité par ses pairs pour continuer sa médiation, afin de parvenir à un règlement pacifique du différend.

Sur le plan économique, les dirigeants des pays de la Cen-Sad sont convenus de « passer à une étape avancée » dans la coopération et l’intégration économiques, notamment dans les domaines de la sécurité alimentaire, l’agriculture, l’eau, la lutte contre la désertification, les transports et les communications.

Le sommet a ainsi décidé de la création d’une zone de libre échange dans un meilleur délai. Tout comme la création de la Haute autorité de l’eau dont le siège sera à Bamako. Les chefs d’État ont adopté la convention de lutte contre le trafic illicite des stupéfiants et de substances psychotropes. Ils se sont, en outre, engagés à développer les infrastructures de transport pour faciliter la libre circulation des personnes et de leurs biens au sein de la Communauté.

La conférence de Syrte a également décidé de l’adoption d’une convention pour la promotion des investissements et des politiques d’exportation. Elle a donné mandat au secrétariat exécutif de mettre en place des plans d’exécution de ces différentes orientations qui seront soumises aux chefs d’État et leaders de la Cen-Sad à la prochaine conférence.

A propos du « gouvernement de l’Union africaine » dont il sera question au prochain sommet de l’organisation panafricaine à Accra, en début juillet, les chefs d’État n’ont pas pu adopter une position commune, comme l’avait souhaité la session ordinaire du conseil exécutif tenue du 30 au 31 mai à Syrte. Le sommet a ainsi donné la latitude à chaque pays de réfléchir sur la question.

Cette décision a été saluée par exemple par le président sierra léonais, Ahmed Tejan Kaba, pour qui il faut d’abord évaluer le bilan des activités de l’Union africaine par rapport aux objectifs qui lui étaient assignés dans les domaines de l’agriculture, de l’eau, de l’énergie et d’autres domaines. Il a jugé que l’Union a mené peu d’activités dans ces domaines.

Seuls le Mali, la Libye et le Tchad sont à jour pour le paiement de leurs contributions. Le sommet a déploré cette situation et a demandé aux pays retardataires de s’acquitter rapidement de leurs contributions.

Les actions réalisées par la Cen-Sad ont été saluées par le Guide de la Révolution libyenne dans son discours de clôture. Il a exhorté l’organisation à aller de l’avant pour l’unité de l’Afrique et pour le bien-être de ses populations.

Le prochain sommet se tiendra à Cotonou l’an prochain. Il devrait voir l’adhésion à la Communauté du Gabon et de Sao Tomé et Principe qui étaient représentés à Syrte en tant que pays observateurs.

Envoyé spécial
M. KEITA

DES QUESTIONS BILATÉRALES AUSSI


Le président de la République Amadou Toumani Touré a participé du jeudi au dimanche derniers à Syrte à la 9è session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et leaders de la Communauté des États sahélo-sahariens (Cen-Sad). C’est jeudi vers 14 heures 30 (GMT) que l’avion transportant le chef de l’État a atterri à l’aéroport international de Syrte, au centre de la Libye. Il a été accueilli à sa descente d’avion par le secrétaire libyen des Affaires africaines, Ali Triki.

De l’aéroport, la délégation présidentielle a mis le cap sur la résidence du Guide de la révolution libyenne située dans les faubourgs de la ville. C’est sous une tente que Muammar Khadafi a accueilli le président Amadou Toumani Touré.

L’entretien entre les deux hommes d’État s’est déroulé à huis clos, en présence des ministres des Affaires étrangères et de la Coopération internationale Moctar Ouane, des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration africaine Hamadoun Oumar Dicko et de l’ambassadeur du Mali à Tripoli Ousmane Tandian.

Selon un conseiller du président Touré, l’entretien a porté sur la coopération entre les deux pays. Rappelons que la Libye finance actuellement d’importants projets dans notre pays, notamment la réalisation du canal de Tombouctou, le projet d’agrandissement de l’aéroport de la même ville et la construction en cours de la Cité administrative.

Après cet entretien, le chef de l’État a pris ses quartiers dans une villa de la cité ultra moderne au bord de la Méditerranée. Beaucoup d’autres chefs d’État et invités de marque étaient logés dans cette belle cité.

Le président Amadou Toumani Touré a reçu en audience vendredi à sa résidence le président directeur général de la Banque sahélienne pour l’investissement et le commerce.

A sa sortie d’audience, Alhadi Mohamed Alwarfalli a confié qu’il a fait le compte rendu au chef de l’État des activités de sa banque, créée en 2001 en vue de lutter contre la pauvreté au sein de la communauté.
La banque est présente dans neuf pays de la Cen-Sad dont le Mali.

Alhadi Mohamed Alwarfalli a révélé que sa banque est en train d’installer ses filières dans d’autres pays de l’organisation. « Mon entretien avec le président Touré a été très utile. Il a donné des pistes que nous pouvons exploiter, afin que la banque puisse atteindre son objectif de lutte contre la pauvreté« , a-t-il précisé.

Le Premier ministre guinéen Lassana Kouyaté a été la deuxième personnalité reçue par le président de la République. Les deux personnalités ont parlé de l’évolution de la situation politique en Guinée. Lassana Kouyaté a fait part de ses propositions et idées que le président Touré a partagées, afin de permettre à la Guinée de sortir de la crise qu’elle connaît depuis janvier dernier.

Le Premier ministre Kouyaté a invité le chef d’État à effectuer une visite de courtoisie en Guinée. Le président Touré a répondu favorablement à cette invitation.

M. K. L’Essor

05 juin 2007.