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Lors des élections communales d’aujourd’hui, certains citoyens ont encore monnayé leur voix contre la modique somme de « 1000 F CFA ». Ça c’est passé à Bamako et dans beaucoup de régions du Mali.

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Le bout du tunnel est encore loin. Les récents événements qui ont émaillé la vie socio-économique et politique du Mali n’a pas servi de leçon. Les anciennes mauvaises pratiques demeurent toujours.

A l’occasion des communales de ce dimanche ou 7,2 millions de Maliens étaient appelés aux urnes pour élire plus de 10 000 conseillers municipaux, certains maliens ont encore monnayé leur voix contre de l’argent.

Un tour dans certains centres de Bamako en Commune V, VI, II et III ; a sufft pour faire cet amer constat. Au nom de la mobilisation, beaucoup de partis politiques ont mis à la disposition des électeurs des cars, sotramas et autres moyens de transport. Mais, dans ces véhicules, des billets de 1000 F CFA ou 2 000 F CFA étaient distribués aux détenteurs de la carte Nina.

« Lorsqu’ils sont venus nous demander d’aller voter pour eux, ils nous ont proposé de l’argent. J’ai accepté parce qu’ils sont malhonnêtes. Il faut plutôt prendre cet argent que de ne rien gagner après. Une fois élus, ils ne font rien pour nous », a expliqué Nana Kadidiatou Berthé rencontré à un centre de Kalaban Coura. A coté, Moussa Koné, un électeur indécis, qui était encore à la recherche d’ un « preneur ». Selon lui, il ne votera jamais pour un candidat sans toucher de l’argent. Il a les mêmes excuses que Mme Berthé.

A Sébénicoro, où le président IBK et son épouse ont voté, c’est le même constat. Là aussi, les électeurs se sont mobilisés mais, certains candidats ont mis la main à la poche. « Depuis le matin, je fais la navette entre les centres et les rues à la recherche de » clients. » Celui qui a sa carte et qui vote pour nous gagne 1000 F CFA ou 2 000 F CFA. Ça dépend de la négociation », explique un chauffeur de sotrama aussi membre d’un parti. Il ajoute que c’est l’unique moyen pour obtenir plus de voix car, selon lui, rares sont les maliens qui se deplacement sans motivation pour voter. A Ségou, un confrère de la radio Guintan, a fait les mêmes remarques.

Ces anciennes méthodes utilisées par les politiques pour engranger le maximum de voix n’honorent pas la démocratie malienne qui tente de se relever des malaises de 2012 avec le Coup d’État. « C’est indigne, malsain et désolant », a clamé Moussa Traoré, juriste.

Sory I. Konaté

20 Novembre 2016
©AFRIBONE