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Le processus électoral au Mali a toujours été confronté à d’énormes difficultés de l’ouverture démocratique à ce jour. Malgré les efforts soutenus après toutes les élections pour tenter d’améliorer la qualité des élections, le constat est amer.

Les lacunes et insuffisances du processus électoral au Mali sont nombreuses et lorsqu’on tente de situer les responsabilités, il y a un flou qui entoure cela, étant donné la mauvaise habitude que les uns et les autres ont de fuir leur responsabilité par rapport aux problèmes qui se posent : à la nation en général et au plan politique en particulier.


Les inquiétudes préélectorales

Avec les élections communales du 26 Avril, les avis au sein de la classe politique étaient partagés quant à leur bonne organisation. Pour certains, même au niveau du fichier électoral il y a problèmes. Tantôt on a parlé de la nécessité de faire l’audit du fichier électoral disponible, tantôt de la mise en route d’un nouveau recensement.

En plus de cela, d’autres ont fait allusion à des retards à certaines étapes qui pourraient se révéler des entraves majeures au bon déroulement du scrutin. Il s’agit de la fixation de la date des élections, de ce que certains ont appelé retard sur l’annonce du chronogramme des élections. Il en a été de même que pour la distribution des cartes d’électeurs.

L’administration a-t-elle bien joue sa partition?

Du côté de l’administration chargée de l’organisation des élections, on a pensé le contraire. Au sein de l’opinion publique nationale, on pense dans l’ensemble que l’administration a fait de son mieux pour que les élections se déroulent dans la quiétude.

On ne peut pas dire que tout fut parfait, mais le terrain a été balisé pour qu’il y ait le minimum de problèmes. D’ores et déjà, on peut dire que l’administration, en ce qui la concerne, a joué sa partition.

En a-t-il été le cas pour les acteurs politique? Rien n’est moins sûr. En effet, lorsqu’on se réfère aux dernières élections, les communales du 26 Avril, il y a encore beaucoup à faire pour parfaire le processus électoral au Mali.


Le rôle des partis politiques

Le rôle des partis politiques dans les efforts d’amélioration des élections est essentiel. Ils sont les principaux acteurs et à ce titre, les plus concernés par les différentes élections. D’où la nécessité de leur implication à tous les niveaux du processus à travers des contributions de qualité. Il ne serait pas juste d’affirmer que les partis ne font rien, dans la mesure où sans eux, rien ne peut se faire en matière politique.

En témoignent d’ailleurs les propositions faites par certains partis à la veille des élections communales du 26 Avril, tout comme les inquiétudes qu’ils ont exprimées lors des différents débats animés à cet effet.


La nécessite d’une implication plus accrue des partis

Il est indéniable que le plus gros du travail revient aux partis politiques en tout cas, en ce qui concerne l’amélioration du processus électoral. Dans ce processus, plusieurs paramètres sont à considérer dont les aspects liés à la formation, à l’information et à la sensibilisation des populations et des militants en particulier.

Ce travail qui se fait à des degrés différents par les acteurs politiques demeure en deçà des attentes de l’administration publique, de la population générale et des acteurs politiques eux mêmes. Les insuffisances du processus électorales se sont étalées au grand jour le 26 Avril.

Elles ont pour noms : faible mobilisation des électeurs, gymnastiques multiples des acteurs politiques et des candidats pour perpétrer la fraude, corruption politique et achat de conscience, faible niveau d’imprégnation des agents électoraux par rapport à la loi électorale entre autres.

Il faudra pouvoir venir à bout de tous ces problèmes qui étaient le lot quotidien le jour du vote. En se référant à toutes ces situations qui entravent la sincérité du scrutin, il y a lieu que les partis politiques multiplient les efforts en tandem avec les représentants de l’administration pour corriger ces imperfections qui sont des preuves éloquentes de résistance de certains acteurs politiques à une évolution qualitative du processus électoral au Mali.

Partant de là, il est illusoire de croire que c’est l’administration publique seule qui pourra venir à bout des problèmes qui assaillent la vie politique nationale.


Moussa SOW

28 Avril 2009