Partager

En prélude aux élections communales du 26 avril prochain, les partis politiques s’activent actuellement dans l’élaboration des listes. A cet effet, au sein de beaucoup de formations politiques, l’exercice apparaît assez laborieux dans la mesure où la bataille de positionnement est rude. Ainsi, après l’ADEMA, en commune II du District de Bamako, où l’opération a provoqué la démission d’une grande militante, en l’occurrence Mme Coulibaly Halima Traoré, sœur cadette de Dioncounda Traoré, président du parti, c’est le tour de l’URD dans la région de Ségou. En effet, le parti de la poignée de main, symbole de l’unité, est dans la tourmente dans la capitale des Balanzans.

Une vingtaine de Secrétaires généraux des comités avec en leur tête, le Secrétaire général de la sous-section, Bouh Sy, protestent contre la liste du 1er mars dernier, présentée par le Secrétaire général de la Section de Ségou dans une pétition dont une copie nous est parvenue.

Des ampliations de cette pétition en date du 2 mars dernier, sont adressées au président de la commission de discipline et d’arbitrage du Bureau politique national (BPN), au président de cet organe, à tous les vice-présidents, au Coordinateur régional des sections URD de Ségou et au parrain, Soumaïla Cissé, depuis Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso où il préside aux destinées de l’UEMOA. Selon les signataires de ladite pétition, «il y a une violation fragrante des textes relatifs à la désignation des candidats».

L’article 47 du règlement intérieur du parti qui évoque la question indique que «dans les communes urbaines, chefs lieu de région, les candidats aux élections communales sont élus par une conférence spéciale convoquée à cet effet par le Secrétaire général de la section et réunissant les délégués des sous-sections de ladite commune. Elle désigne également le candidat du parti au poste de maire». Ainsi, convaincus que ces dispositions règlementaires n’ont pas été respectées, le groupe des vingt Secrétaires généraux exige la convocation d’une conférence extraordinaire afin de désigner à nouveau les militants qui doivent défendre les couleurs du parti pour les communales du 26 avril prochain à Ségou.

Car, ils estiment que «la liste présentée n’a pas répondu aux attentes des militants». Ainsi, sans la convocation d’une conférence extraordinaire dans les règles de l’art, les pétitionnaires affirment que le parti ira tout droit à Canossa. Ainsi, les élections communales étant des élections de proximité constituant un test grandeur nature pour les formations politiques qui veulent avoir une place au soleil pour les législatives voire la présidentielle, les pétitionnaires estiment que l’URD est en train de filer du mauvais coton par la faute de certains dirigeants qui violent délibérément les textes pour des intérêts personnels.

Car, les pétitionnaires estiment que «dès lors que les textes ont été violés, la liste des conseillers municipaux perd toute sa légitimité et mérite rapidement que la section puisse prendre des dispositions urgentes pour une application correcte des textes du parti». Ainsi, ils ont rappelé que des sanctions ont toujours été prises, à l’encontre de certains militants du parti pour manquement aux textes.

Et que par conséquent, ils n’accepteront jamais qu’il y ait deux poids, deux mesures dans le fonctionnement du parti.

Alassane DIARRA

05 mars 2009