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Les résultats des communales du 26 avril continuent de tomber. A Bamako, ce sont l’ADEMA, suivi de l’URD et du RPM qui ont remporté la majorité des sièges. A l’intérieur du pays, les résultats obtenus tendent à conforter ce classement.

A Dioïla, le RPM, sous la houlette de l’ancien député Mamadou Diarassouba, se classe premier dans le cercle avec 90 Conseillers loin devant le PARENA, incarné dans cette localité par l’honorable Konimba Sidibé qui se contente de 62 élus. L’ADEMA et l’URD sont au coude-à-coude avec 52 Conseillers chacun. Les autres petites formations politiques se partagent le reste des 397 sièges du cercle de Dioïla.

A Koro, l’ADEMA, sous la direction de Abdoul Karim Konaté dit Ampé, a battu ses concurrents en s’adjugeant 114 élus, très loin devant l’URD (44), les indépendants (34), la CODEM (32), le RPM (28), le BDIA (22) et l’UDD (8). Les autres formations lilliputiennes se partagent le restant des 296 Conseillers des 16 communes que compte le cercle de Koro.

A Youwarou, c’est l’URD qui est en tête du classement avec 41 sièges, suivi de l’ADEMA 39 élus, des indépendants 11, du RPM 2, du CNID 1, autant pour le MPR.

A Nioro, le PARENA de Tiébilé Dramé s’est imposé aux autres listes en compétition en obtenant 62 élus contre 52 pour les Abeilles, 26 pour l’URD, 22 en faveur du RPM, 12 pour le MPR, 8 pour le CNID.

Dans les autres localités du pays, c’est toujours le trio ADEMA, URD, RPM qui se détache, de façon générale, du reste du lot.

Au regard de ce qui précède, le premier enseignement que l’on peut tirer de ce scrutin, c’est que les partis issus du Mouvement démocratique continuent de dominer l’échiquier politique malien depuis l’avènement de la démocratie. Mais le pôle ADEMA (MIRIA, RPM, URD) demeure le leader par rapport à celui du CNID (PARENA, SADI, BARA). A l’intérieur du premier bloc cité, les Abeilles sont toujours maîtres à bord parce qu’elles ont été bien implantées, dès le départ, avec la récupération de plusieurs ténors de l’UDPM. S’y ajoute la gestion du pouvoir durant une décennie, ce qui a contribué à renforcer les bases du parti. Malgré les départs successifs qui ont engendré le MIRIA, le RPM et l’URD.

A l’avènement d’ATT II, le parti de l’abeille s’est davantage renforcé parce qu’incrusté dans les rouages administratifs et financiers du pouvoir. La preuve en est qu’à la faveur des communales du 26 avril, il a engrangé plus d’élus qu’il n’avait jamais obtenu depuis sa naissance. L’URD, considérée comme une force montante, peine à égaler l’ADEMA qu’elle avait juré de supplanter à la faveur de ces communales. A plusieurs reprises, Abdoulaye Goïta, Vice-président et Mamadou Diawara, Secrétaire général adjoint avaient déclaré qu’ils en ont marre d’être éternel deuxième. Paradoxalement, ces deux tenors ont perdu les élections chez eux.

Le bloc du CNID perd de plus en plus sa force de frappe. Ses composantes originelles perdent du terrain. Mieux, il existe une certaine animosité entre eux contrairement aux partis issus de la ruche qui se considèrent et se respectent. Le BARA n’a obtenu pour l’instant aucun élu. Le PARENA, malgré le travail civique qu’il entreprend, vient de disparaître du champ politique bamakois et avec lui SADI qui n’a jamais obtenu un élu dans la capitale malgré le soutien inconditionnel de la tonitruante Radio Kayira.

En outre, le MPR, qui a courageusement revendiqué l’héritage du régime défunt mais qui s’en est démarqué, ces dernières années, éprouve mille et une difficultés à émerger.

Le deuxième enseignement, c’est que, encore une fois, les faits ont démontré que le Mouvement citoyen de Ahmed Diane Seméga, qui ne jure que par et pour ATT, n’a pas de poids électoral dans le pays. Dans la capitale, il n’a pu engranger que trois Conseillers en C.III grâce au bouillant Amadou Koïta, président de la jeunesse du Mouvement citoyen. A l’intérieur du pays, de façon générale, ses résultats sont très mauvais. C’est dire que l’échiquier politique malien reste dominé par les partis politiques même si souvent les indépendants crient plus fort qu’eux.

Le troisième enseignement de cette élection est que l’un des derniers-nés des partis politiques, la CODEM du jeune député Alhousseïny Guindo, a réussi une percée spectaculaire dans le District de Bamako où il a enlevé 9 sièges, Autant à Sikasso, 32 dans le cercle de Koro, des dizaines dans le cercle de Bandiagara, autant à Bougouni et à Goundam notamment dans la commune de Tonka. C’est vraiment la grande révélation du scrutin du 26 avril.

Le dernier enseignement porte sur le faible taux de participation. Dans la capitale, les citoyens ont boudé les urnes avec 23,09% de votants en C.I ; 28,48% en C.II ; 35,64% en C.III ; 19,63% en C.IV ; 15,33% en CV et 21,04% en C.VI.

A l’intérieur du pays, le taux semble être meilleur que celui de Bamako mais son niveau non encore officiel est très bas. Les Maliens refusent toujours de participer en grand nombre aux différentes consultations électorales, organisées depuis l’avènement de la démocratie en 1991.

Chahana TAKIOU

30 avril 2009