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En attendant le jour J, les choix des candidats au sein des partis politiques pose problème. A six jours de la date butoir du dépôt des listes, beaucoup de formations politiques peinent à trouver des listes consensuelles. Plusieurs explications justifient cela.

La première est que dans les sous-sections et sections, un bras de fer oppose d’anciens conseillers en fin de mandat à des personnes ambitieuses. Ces dernières pensent que leur tour est arrivé de goûter au délice des mairies. Des militants, pour n’avoir pas pu se mettre d’accord sur des listes consensuelles, sollicitent l’arbitrage des sections ou instances dirigeantes de leurs partis.

Le dernier mot revient à la sous-section qui fait la liste en fonction des réalités sur le terrain. Mais comme à l’accoutumée, la fin justifie les moyens. Pour être candidat, il faut avoir le portefeuille lourd et avoir de solides relations politiques et sociales. Ainsi, on assiste dans certains partis à de duels entre conseillers municipaux qui se sont enrichis dans l’expropriation et la spéculation foncière.

Au risque de présenter deux listes pour un même parti, et en dépit des tractations qui n’ont pu arrêter une liste consensuelle à cause des mésententes entre membres de bureau, des candidatures indépendantes sont en train de voir le jour. Pour les initiateurs, elles sont la seule solution à la querelle de places.

Les querelles de place sur les listes de candidature font que des listes de partis politiques ne sont pas à l’abri des risques d’invalidation. La raison est que des partis enregistrent des départs comme des arrivées sans que les nouveaux arrivants ne font mention express d’une démission de leur parti d’origine. Ce qui peut entraîner l’annulation d’une liste en cas de plaintes à la justice par le camp adverse.

L’histoire pourra se répéter

A moins d’une semaine de la date butoir de dépôt des listes de candidatures, les partis n’ont pas le temps de vérifier si effectivement le candidat qui les représente a effectivement démissionné. En 2OO4, la liste de certaines formations politiques, association ou groupements de partis avaient été invalidée dans les mêmes conditions. A l’époque, des candidats considérés comme des chances réelles de victoires dans certaines circonscriptions se sont vu éliminés de la course. L’histoire pourrait se répéter cette année.

Contrairement aux législatives, les élections municipales sont des élections de proximité. Elles sont la meilleure manière pour les électeurs d’approuver ou de sanctionner les conseillers sortants sur la base de leur bilan. Ainsi ceux dont le bilan est jugé catastrophique comme Adama Sangaré, le maire du district de Bamako qui a renié le RND au profit de l’Adéma, sont dans l’œil du cyclone.

Adama Sangaré s’est rendu tristement célèbre dans l’expropriation des pauvres citoyens de leurs parcelles malgré des arrêtés de suspension du gouverneur du district et même l’injonction du Président de la République. Il a donné comme impression que les élus qui représentent les partis politiques ne se soucient point des problèmes des populations. Sinon comment Adama Sangaré peut-il prétendre défendre les intérêts d’une population qu’il a lui-même piétinée ?

L’Adema lui a renouvelé sa confiance pour briguer de nouveau le poste de conseiller municipal en Commune III. Apparemment les partis politiques ne s’opposent pas aux candidats qui mettent la main à la poche. Et le cas du maire du district en est une parfaite illustration. Il suffit de mettre rubis sur ongle pour se maintenir au grand dam des populations.

Amadou Sidibé

04 mars 2009