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A l’approche des élections communales, la crise qui couvait au Parti africain pour la solidarité et la justice (Adéma/PASJ) à Ségou est en train d’éclater au grand jour. Les agissements de l’ancien ministre de l’Agriculture, Seydou Traoré, sont fortement décriés.

La crise latente à la section Adéma/PASJ de Ségou qui dure depuis les élections consulaires à la Chambre régionale d’agriculture ne cesse de s’accentuer. Chaque jour qui passe, voit une abeille quitter la ruche. Ceux qui ne désertent pas se font des crocs-en-jambe pour mieux s’affaiblir et le parti avec.

La goutte d’eau qui a débordé le vase reste la récente sortie médiatique de Zakaria Dembélé et Mamadou Lamine Diarra, respectivement secrétaire général de la section et trésorier de la sous-section Adéma contre la tête de liste du parti dans la Commune urbaine de Ségou, Mme Coulibaly Amy Diarra alias Amy Gao. Pourtant l’heureuse élue était dans les bonnes grâces de tous.

Elle faisait donc l’unanimité. Mais Zaki, battu, et Mamadou Lamine, écarté pour incompatibilité, pensent qu’ils ont été victimes de coups bas. Tous accusent Seydou Traoré, le secrétaire politique de la section et sous-section Adéma. Si cela s’avère, il y a de fortes chances que le parti s’affaiblisse dans la Cité des Balanzans.

Tout cet imbroglio ressemble à des règlements de compte de la part de l’ex-ministre de l’Agriculture. Il n’aurait pas digéré son exclusion du comité exécutif de l’Adéma. Il pointerait un doigt accusateur sur Zakaria Dembélé et ses camarades d’être à l’origine de sa « disgrâce ». Tous les moyens seraient bons, pour lui, pour les mettre à la touche. Sinon comment comprendre que Zakaria Dembélé, vice-président du Haut conseil des collectivités, présenté maire en 2004, ne puisse avoir une place de choix sur la liste Adéma ?

Départs en cascade

Depuis, plusieurs années Seydou Traoré, sans être le premier responsable, joue les premiers rôles au sein du parti de l’Abeille à Ségou. Les règles de fonctionnement interne, de gestion du parti rappellent celles d’un parti unique. On ne fait que coopter ou imposer tel ou tel individu qui bénéficie des faveurs du manitou du jour. Le marchandage et l’achat des « consciences » en espèces sonnantes et trébuchantes sont devenus le quotidien de l’Adéma à Ségou. Cet état de faits, au lieu de raffermir le parti, ne fait que le fragiliser davantage.

L’objectif d’un parti politique est d’avoir le maximum de militants. Mais, comme une machine commandée de destruction, force est de constater qu’on s’emploie à faire partir des Ségoviens de l’Adéma. De plus en plus des militants commencent à s’éloigner de ce grand parti. C’est le cas d’Aïché Nim Coulibaly, vice-présidente de l’Assemblée régionale, de Mme Touré Kadidia, la présidente de la Cafo locale, d’Alassane Dembélé…

A la veille des communales, il serait judicieux que les militants de l’Adéma se regardent dans les yeux et se disent le langage de la vérité. Il n’est pas fortuit de dire que nos partis politiques ont besoin de personnes intègres et crédibles pour faire rayonner notre démocratie.

Daouda Coulibaly

(Yéko Ségou)

24 Mars 2009