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Les élections sont la seule chose qui permet à l’opinion publique nationale de se situer par rapport aux rapports des forces politiques en présence sur l’échiquier politique national. Le niveau d’implantation des partis n’est certes pas négligeable, mais il permet difficilement d’être fixé avec précision sur cet aspect.

Un rôle particulièrement important est laissé à la capacité de mobilisation des électeurs. C’est à l’occasion des élections qu’on a cette mesure.

Un enjeu particulier

Quant aux élections communales de 2009, elles sont particulièrement importantes après tous les remue-ménages au sein de la classe politique ces dernières années. Les rapports de forces ont été fortement modifiés et il y a une sorte d’opacité autour de cette question, mais qui n’est pas de nature à empêcher certains partis à nourrir beaucoup d’ambitions à l’occasion de ces élections, au point de fixer le nombre d’élus qu’ils doivent avoir.

Ainsi, l’audace et l’ambition, renforcées par les moyens et la détermination vont-elles être les facteurs les plus déterminants dans ces élections? Ce sont les résultats de ces élections qui seront déterminants par dessus tout. Chaque parti et chaque candidat y va avec ses ambitions et sa chance.

Mais, les électeurs ont le dernier mot, eux qui ont le pouvoir de créditer les candidats par leurs suffrages. Comment faut-il faire pour les charmer et les convaincre d’aller dans le sens voulu? C’est la question fondamentale qui se pose maintenant et à laquelle il faudra trouver des réponses rapides pour relever les défis posés. C’est à cela que les uns et les autres s’attèlent depuis l’ouverture des campagnes électorales.

Les raisons des désaveux

La plupart des listes des grands partis sont pilotées par des maires sortants. Or, tous les maires en fin de mandat ne sont pas bien positionnés pour offrir les chances nécessaires aux listes qu’ils dirigent. Cela s’explique en grande partie par le fait qu’ils sont généralement impopulaires pour leur mauvaise gestion des affaires communales.

Pour cette raison, ils pourraient être à l’origine de l’échec de leurs formations politiques respectives. En effet, les habitants des communes ont généralement des dents contre les maires sortants, qui pour avoir démoli aveuglement les habitats des citoyens, qui pour avoir tout mis en oeuvre pour tenter de déloger les vendeuses des marchés ou encore par le fait qu’ils ont voulu occuper les terrains de jeu des enfants.

Les facteurs qui contribuent à diminuer les chances des partis qui ont misé en premier lieu sur les maires sortants sont nombreux. Ceux-ci ont certes de l’argent, mais manquent de crédibilité aux yeux des populations afin qu’elles leur accordent leurs suffrages.

Mais, il semble que la direction ou la section de certains partis ignorent cla, se cramponnant aux possibilités financières de ces élus qui, le long de leur mandat, ont donné du fil à retordre leurs administrés avec la prise fréquente de mesures arbitraires, non concertées ni avec les populations ni avec les autres élus des communes.

Les électeurs contre la dictature et les mesures arbitraires

Somme toute, il s’agit d’élus ayant un penchant dictatorial qui, peu après leur élection, se croient tout permis, ignorant les circonstances qui ont fait qu’ils sont maires. Ce qui les attend, c’est la sanction des électeurs pour leur rappeler que sans eux, ils ne sont rien. C’est fort de cette issue qui se profile à l’horizon qu’on estime que certains seront désagréablement surpris. Ils l’apprendront à leurs dépens et ce sont les habitants des communes respectives qui profiteront de cette situation.

Le plus important est que, de plus en plus, les gens prennent conscience de la nécessité d’opérer des choix judicieux pour la prise en compte effective de leurs préoccupations quotidiennes. D’où l’imminence de nombreux votes sanctions.

Le souci du renouveau par endroits

Dans la plupart des communes du District de Bamako souffle le vent du renouveau. Beaucoup de citoyens se disent contre l’indifférence face à l’impunité à laquelle s’adonnent certains élus communaux. Ils pensent donc que le moment est venu de rompre avec les anciens pour qu’ils sachent que les pouvoirs qu’ils ont ils les tiennent d’eux.

Ainsi, c’est le compte à rebours qui va commencer avec les communales du 26 Avril 2009. C’est par là que certains grands partis qui nourrissent de grandes ambitions à l’occasion de ces élections seront désillusionnés. Aussi, les indépendants dont des femmes, ne se laisseront pas faire au cours de ces élections.

Se considérant comme défavorisés à plusieurs niveaux et de plusieurs manières, il y a parmi eux des candidats crédibles et populaires qui risquent de leur ravir la vedette. Rien n’est joué d’avance pour ces élections où par endroits il y a peu de mobilisation autour du retrait des cartes.


Moussa SOW

20 Avril 2009