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Dans moins ‘un an, les électeurs maliens seront appelés aux urnes, pour renouveler le mandat des élus communaux qui arrive à expiration. Conscients que ces communales constituent une base solide pour les échéances de 2012, les partis politiques sont en train de tout mettre en oeuvre pour faire le plein, c’est-à-dire engranger le plus grand nombre d’élus municipaux.

Ainsi, on assiste aujourd’hui à différentes sortes d’assises et d’activités en vue de revigorer les militants. Et il n’est pas rare de voir aujourd’hui des partis politiques effectuer des visites un peu partout dans le pays.

Une manière, pour ces partis, de s’assurer de leurs militants ou de chercher à débaucher des militants d’autres partis politiques pour se renforcer davantage. Et tous les moyens sont bons pour se remonter le moral; et le plus utilisé réside sans doute dans le domaine de la communication, par médias interposés.

Ainsi, chaque jour qui passe, on entend des partis politiques déclarer avoir enregistré des adhésions de militants de tel ou tel parti. Or, en la matière, la chose est claire : il suffit tout simplement de publier la liste desdits adhérents.

Mais hélas, la plupart de ces informations s’avèrent souvent fausses. Du coup, on se rend compte que l’art de la manipulation et de l’intoxication politiques est aujourd’hui à la mode. Ces cas sont souvent fréquents à l’intérieur du pays, car le cas de Bamako est facilement vérifiable.

Selon nos sources, ces pratiques ont aujourd’hui pour but, d’abord, de destabiliser des partis jugés faibles, et ensuite, de se faire une publicité gratuite aux yeux de l’électorat malien.

Il faut reconnaître aussi ce sont les partis dits petits, faibles et sans ressources nécessaires qui sont souvent victimes des partis dits grands. Aussi n’est-il pas rare que des démentis ou droits de réponse soient souvent adressés à certains médias, en vue de diffuser l’information.

Mais quoi qu’il en soit, pour les communales prochaines, chaque parti politique bien structuré et organisé doit et peut ambitionner de se tailler la part du lion. Mais pour cela, il lui faut être solide et financièrement fort ; car aujourd’hui, les hommes politiques maliens n’ont pas bonne presse auprès de la population.

Ce qui explique peut-être que certaines informations données par des partis politiques relèvent de la pure imagination. Manquant de réels moyens, ces partis politiques veulent se faire rappeler au “bon souvenir ” de l’électorat malien. Une façon, pour eux, de rappeler qu’ils existent encore sur la scène politique nationale.

En tout cas, les communales de 2009 seront rudes, vu le positionnement de certains barons de partis.

Aujourd’hui, tous les hommes politiques ont compris que sans une base solide et des militants convaincus, il sera très difficile, pour eux, d’accéder au sommet. Car l’électorat n’est plus dupe, qui fait désormais la différence entre les vraies promesses et les fausses.

En effet, lors des campagnes électorales, on entend souvent des candidats insinuer que l’argent peut tout avoir. Mais aujourd’hui, seules les réalisations concrètes et visibles peuvent permettre aux hommes politiques de ravir la confiance des électeurs qui ont désormais pris conscience de l’enjeu d’une élection.

Si, lors des élections législatives, le nom d’ATT était utilisé comme fonds de campagne, une nouvelle stratégie vient d’être utilisée par les partis politiques en vue de destabiliser d’autres partis politiques jugés gênants. Pour eux, peut-être, cette nouvelle stratégie permettrait une ascension fulgurante en vue décrocher les différentes mairies jugées capitales pour la survie de leur parti.


Sadou BOCOUM

04 Juin 2008