Partager

La campagne électorale, concernant les élections communales, s’ouvre demain, vendredi. Les différents candidats sont-ils suffisamment outillés pour battre campagne de la manière la plus appropriée ou nous promettent-ils, pour la plupart, du folklore ?

En tout cas, le rapport général 2006-2007 de la CENI, indique : «la campagne électorale est une étape très importante du processus électoral. C’est une période pendant laquelle chaque candidat, chaque parti ou groupement de partis politiques, à travers des messages, des programmes politiques ou des projets de société, tente de fédérer le maximum de suffrages autour de sa candidature.

Malheureusement, elle est de plus en plus utilisée au spectacle qu’à l’explication et à la défense de programmes politiques ou de projets de société. Elle est devenue un espace de divertissement au lieu d’être un moment d’éducation et de sensibilisation de l’électeur».


De même,
lors d’une récente conférence-débat, l’un des animateurs se plaignait du manque d’intérêt de certains candidats pour leur commune, car, interrogé sur le nombre d’habitants et de quartiers de sa commune, un candidat avait tout simplement répondu : «je ne sais pas».

Or, ce candidat brigue les suffrages de cette commune dont il devrait, le moins qu’on puisse dire, avoir un minimum d’informations. Il serait d’ailleurs périlleux de poser certaines questions à des candidats, en l’occurrence celle de savoir s’ils connaissent le nombre d’infrastructures scolaires, de santé et les équipements collectifs de leur commune.

Toutes choses qui font dire aux observateurs que la plupart d’entre eux n’ont pas de programme. En fait, les candidats devraient, clairement, proposer des stratégies d’intervention qui font ressortir les priorités de la commune. Pour que ces stratégies puissent aboutir, les populations de la commune devraient se sentir concernées par ces priorités ciblées par les candidats. Notons que, dans le cadre de la gestion communale, la décentralisation de certains services de l’Etat, les questions environnementales et d’assainissement sont récurrentes.

Comme l’a bien signalé la CENI, les candidats se perdent souvent en conjectures et cherchent à divertir, à travers danses, distributions de Tee-shirts et thés qu’ils n’auront jamais à suffisance. De ce fait, ils passent à côté des aspects les plus importants des projets de développement de la commune.

En outre, pour un scrutin local, les candidats doivent élaborer de bonnes stratégies de communication, d’autant plus qu’ils sont censés maîtriser la sociologie de leur zone et les méthodes à employer pour impliquer les populations dans leurs projets.


Sur le plan économique
, les candidats sont appelés à détenir des informations précises sur les potentialités de la commune, les capacités à offrir un certain nombre de services et à créer des emplois, notamment pour les jeunes.

Tout programme devant être budgétisé, les candidats devraient, déjà, s’informer sur les possibilités de recouvrement, sur le montant des impôts et taxes, afin de ne pas promettre la lune à des populations qui sont, souvent, excédés par la gestion catastrophique de certains maires.

Les populations, aussi, doivent se dire qu’ils ont, là, l’occasion de sanctionner des élus pour leur incompétence et leur gabegie. Les populations, en cette circonstance, détiennent le moyen de démettre les distributeurs illégaux de lots à usage d’habitation et les élus qui ont fait la sourde oreille à leurs doléances régulières.

D’ailleurs, des citoyens qui ont déjà retiré leur carte d’électeur nous ont expliqué leur motivation par l’empressement à effectuer le vote sanction contre certains maires.

Baba Dembélé

09 Avril 2009