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Au Mali, les femmes constituent 51% de la population. Mais elles sont sous représentées dans les instances décisionnelles aux niveaux local et national. Et cela depuis l’indépendance. C’est pourquoi de cette date à nos jours, des femmes œuvrent pour la promotion de la femme en général et leur participation à la vie publique en particulier. Et c’est à partir de la révolution de mars 1991, avec la multiplication des associations et ONG de défense des droits de la femme qu’on a constaté de façon timide l’accroissement de la présence des femmes aux niveaux décisionnels.

Malgré un statut juridique et des réalités institutionnelles souvent favorables, des faits ou des pratiques liés à l’ignorance, aux coutumes et à la mauvaise interprétation des textes religieux créent des freins importants à l’implication des femmes dans la gestion des affaires publiques. Autrement dit, les femmes sont sous représentées tant aux postes de décisions nominatifs qu’électifs.

Des chiffres traduisant la sous représentativité des femmes

Il faut rappeler que sur 26 membres du gouvernement, seulement six sont des femmes et il n’y a pas de femme secrétaire générale de ministère. A l’Assemblée nationale, on compte 15 femmes sur 147 députés, environ 1% des conseillers communaux sont des femmes.

Aussi, il y a très peu de femmes directrices. A travers ces chiffres, on se rend compte qu’il reste beaucoup à faire pour permettre à ces associations et ONG d’atteindre leurs objectifs, à savoir la participation d’un plus grand nombre de femmes aux affaires publiques et leur promotion socio-économique.


La détermination des femmes

On ne peut pourtant pas dire qu’il manque de femmes qui ont la capacité morale, intellectuelle et physique pour diriger. C’est pourquoi de plus en plus, les regroupements organisent des activités de formation, de plaidoyer, d’information et de sensibilisation à l’endroit des femmes, surtout à l’approche des élections.

Ces efforts vont-ils payer aux élections communales à venir ? En tout cas, à quelques mois des communales de 2009, ces regroupements semblent plus que déterminés à former plusieurs femmes pour leur participation et leur élection.

Déjà, le groupe Pivot Droits et Citoyenneté des Femmes GP/CDF, une coalition de huit organiations et associations de la société civile a évalué son projet sur <<Améliorer la participation de la femme aux instances de prises de décisions>> qu’il avait réalisé pour appuyer les femmes lors des élections de 2007 dans le but de mieux préparer les communales de 2009.

Maintenant, la question est de savoir si les femmes auront une place de choix au niveau des formations politiques pour être candidates afin d’espérer être élues municipales. Il faut souligner que pour avoir une place de choix sur une liste, il faut être économiquement fort. Or, la majorité des femmes sont pauvres et il n’existe pas de bailleurs pour le financement de la campagne.

Dans ces conditions, quel sera le taux des femmes élues municipales au sortir des élections de 2009 ?


Dado CAMARA

18 Décembre 2008