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Dans un mémorandum sur quelques problèmes brûlants du Mali envoyé sur notre adresse email, hier mercredi 28 janvier, le Parti pour la renaissance nationale (PARENA) de Tiébilé Dramé préconise un report des communales, annoncées pour le 26 avril prochain par le ministère en charge des élections.

Il suggère la prolongation de six mois (deux fois trois mois) du mandat des conseils communaux actuels, comme la loi le permet et la refondation du fichier électoral afin de le rendre fiable et crédible. Reste à savoir si le parti du Bélier blanc sera entendu par le gouvernement ?

Organiser des élections crédibles demeure le plus gros défi de la démocratie malienne. Les propos tenus en août 2007 par le Juge Salif Kanouté, alors président de la Cour constitutionnelle, au soir de la proclamation des résultats définitifs de l’élection législative, sur ‘’la fraude généralisée qui s’est installée à domicile partout..» constituent une sanction sévère et sans appel du processus électoral de 2007.

Quelques mois plus tard, en janvier 2008, l’organisateur des élections, à savoir le Directeur National de l’Intérieur, M. Boubacar Sow, confessait publiquement que «la fraude est la plus grosse plaie de notre dispositif électoral. Lors des élections de 2007, elle a atteint une ampleur jamais égalée dans notre pays.

Plus récemment, à la faveur d’une émission télévisée (7 décembre 2008) le même Boubacar Sow et le colonel Ngolo Bengaly de la Délégation Générale aux Elections (DGE) ont émis de sérieux doutes sur la fiabilité du fichier électoral qui a servi de base jusqu’ici à l’organisation des élections au Mali.

Selon le colonel Bengaly, le fichier actuel, ’’a été élaboré sur la base de produits avariés… obsolètes …et hors d’usage’’». Voilà des propos inquiétants mettant en cause le fichier électoral, base de l’élaboration des listes électorales, que l’on peut relever dans ledit mémorandum.

En outre, le PARENA soutient que dans une étude confidentielle datée du 17 septembre 2008 et «relative à la qualité du fichier électoral», la DGE analysant les faiblesses criardes du fichier, parle «d’augmentation fulgurante du nombre d’électeurs» et émet «des doutes sur le chiffre de 7. 248 318 électeurs». Avant de proposer des solutions «dans la perspective d’organiser des élections communales crédibles et apaisées en 2009 et cela à moindre coût…».

La DGE conclut, à en croire le parti du bélier blanc, en ces termes : «à défaut, les élections communales 2009 seront non seulement très coûteuses mais peuvent connaître de nombreux recours, voire des contestations émaillées de troubles. Ce qui augurera en 2012 d’un climat de méfiance et de crispation politique…».

Par ailleurs, les conditions dans lesquelles les préparatifs des communales ont commencé laissent, selon cette formation politique «sceptiques nombre d’acteurs et d’observateurs politiques. En violation des prescriptions de la loi, la révision des listes électorales a commencé plusieurs semaines avant la mise en place effective des commissions électorales locales et communales.

La CENI, les CEL et les CEC n’ont supervisé nulle part les travaux des commissions administratives chargées de réviser les listes. Plus grave, les révisions se sont déroulées dans certaines régions, notamment dans le District de Bamako, dans une ambiance de pagaille marquée par des irrégularités telles que : la distribution sélective des cahiers de recensement, la vente et l’achat de cahiers de recensement, la poursuite des inscriptions dans de nombreux centres au-delà du délai légal».

C’est au regard de tout ce qui précède que le Parena estime qu’il n’est pas raisonnable d’organiser les communales dans les conditions actuelles aux dates envisagées (avril et mai 2009).

«Maintenir ces dates dans les conditions actuelles, c’est prendre le risque d’organiser une mascarade électorale aux conséquences imprévisibles. C’est prendre le risque d’engager des milliards de francs CFA de nos très modestes ressources dans une élection qui ne sera nullement crédible», soutient mordicus le parti de Tiébilé Dramé.

Dans le même mémorandum, ce parti de l’opposition évoque la situation dans la région de Kidal, la situation financière et la souveraineté alimentaire du Mali.

Chahana TAKIOU

29 Janvier 2009