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Le processus électoral malien, malgré le fait que notre pays est cité en exemple, a toujours été entaché d’irrégularités multiples. La faute, dit-on en général, incombe à celui qui est au pouvoir. Cependant, force est de constater que les partis politiques doivent être les plus intéressés par la tenue et la réussite des élections, qu’elles soient communales, législatives ou présidentielles.

AVOIR LE COURAGE DE S’ASSUMER

Pourquoi ce n’est pas encore le cas? Se demande-t-on au sein de l’opinion publique nationale qui a du mal à comprendre qu’à l’issue d’une décennie de pratique démocratique nous en soyons encore là. Que c’est dommage! Les uns et les autres doivent avoir le courage de dire la vérité, d’assumer leur responsabilité face à l’histoire récente du Mali.

En effet, de l’ouverture démocratique à ce jour, les élections sont toujours source de conflits entre les composantes de la classe politique et les structures chargées de l’organisation des élections. Par ricochet, c’est le pouvoir en place qui est prit à partie, considéré comme responsable de tout ce qui se passe de mauvais du début à la fin du processus électoral.

LE POUVOIR TOUJOURS PRIS A PARTIE

En général, il est admis que ceux qui sont au pouvoir sont intéressés par l’issue de toutes les élections et qu’ils auraient des rôles, sinon des influences sur le cours des différentes élections qui ont été jusqu’ici organisées au Mali.

Il est certes difficile de soutenir que ceux qui sont au pouvoir ne cherchent pas à ce que la majorité soit de leur côté à l’issue de toutes les élections, mais en pareil cas, si les acteurs politiques sont tous convaincus de cet intérêt, cela devrait logiquement leur donner plus de force et de détermination à relever les défis en se positionnant mieux à l’occasion des différents scrutins et de ce fait, ratisser large.

LE RÔLE DES PARTIS

On le dit, le processus électoral commence depuis les inscriptions ou le recensement, jusqu’à la proclamation des résultats des élections. C’est à toutes ces étapes que les uns et les autres doivent s’impliquer pour éviter d’être surpris, en tout cas des réactions négatives consécutivement à des pratiques préjudiciables à la bonne marche du processus démocratique au Mali.

Chaque partie ne joue pas franc jeu. Or, la bonne marche du processus démocratique et sa consolidation sont au prix de la participation effective, franche et loyale de toutes les parties prenantes à la préparation des différentes opérations devant aboutir aux élections. Le rôle des partis politiques est essentiel dans la réunion des meilleures conditions d’organisation des élections.

MIEUX VAUT PRÉVENIR QUE GUÉRIR

Mais, on constate avec amertume une négligence notoire de la part de certains parti en ce qui concerne le suivi de certaines opérations, à commencer par les révisions annuelles des listes électorales. Cette année, certains acteurs politiques estiment que les lacunes et insuffisances ont été plus nombreuses que d”habitude.

Pourtant, au moment même où ce processus battait son plein, peu d’acteurs politiques ont réagi pour dénoncer ces tares dont ils ont le droit et même le devoir d’exiger la correction. Cela n’empêche qu’au tout dernier moment, ils montent au créneau pour se plaindre. Ne dit-on pas que mieux vaut prévenir que guerrir? Aussi, au bout du compte, quoi qu’on dise, les plus grands perdants sont encore ces mêmes acteurs politiques.

DES EFFORTS D’AMELIORATION DES TEXTES

Toute chose qui nous amène à affirmer que, dès fois, au sein de la classe politique, il y a une indifférence coupable quant à la bonne organisation des élections. L’amélioration du processus électoral au Mali ne peut se faire que si tous les acteurs manifestent un intérêt certain à cet effet.

Après toutes les élections générales au Mali, on a pris l’habitude de relire des textes afin de mieux les adapter à l’évolution de la situation sur le terrain. On ne peut dire qu’il n’y a pas d’amélioration dans les textes, mais elles sont jugées en deçà des attentes. Il faudra donc de la perséverance pour corriger tout ce qui pose en termes de problèmes dans le processus électoral au Mali.

En plus de la relecture des textes fondamentaux en 2003 qui a vu la participation des représentants des partis politiques et de la société civile, la commission de réflexion présidée par Daba Diawara a déjà fait des propositions pertinentes qui, mises en oeuvre, permettront, à coup sûr, de consolider le processus démocratique au Mali.

LES PARTIS ET LES COMMUNALES D’AVRIL 2009

Les avis sont fortement partagés quant à la bonne organisation des élections communales devant se tenir en avril prochain. Certains acteurs politiques persistent et signent que ce ne seront pas des élections transparentes et crédibles. D’autres, au contraire ne voient aucun inconvénient au fait que ces élections, à l’instar de toutes celles qui ont précédé, se dérouleront aux dates indiquées sans préjudices majeurs.

Cela n’est pas un fait nouveau dans le Mali démocratique. Mais n’est-il pas temps que les manitous de la manipulation cherchent à évoluer en s’intéressant à ce qui est essentiel dans l’amélioration des dispositions en vigueur en matière électorale au Mali.

En tout cas, c’est à cette seule condition que nous nous acheminerons vers des dispositions véritablement consensuelles de nature à mettre hors de propos toute contestation qui pourrait être source à poser les jalons de la crispation de la situation politique.

LES REPUBLICAINS PRENNENT LE DÉÇU

Mais en attendant, il faut souligner que lors d’un débat télévisé, les avis étaient partagés entre les participants. Ceux qui se disent républicains s’opposaient aux autres qui ont manifesté leur méfiance quant au bon déroulement des communales d’avril 2009.

Ils ont évoqué beaucoup de problèmes comme la qualité du fichier disponible, le retard, selon certains par rapport à l’annonce des dates. Pour ceux qui se sont dits républicains, il faut éviter le report de la date des communales qui aura des repercussions sur les dates des autres échéances électorales: les législatives et la présidentielle.

Il semble que par ces propos, ils ont convaincu, ou du moins amené les autres à décider d’aller aux communales aux dates indiquées par les autorités. Ce jour, il y avait Moussa Diarra de l’URD, Ousmane Sy de l’Adéma et Younouss Hamèye Dicko du RDS.

Après leur argumentation, les partis politiques ont commencé à affûter leurs armes pour la conquête des mairies dans le District de Bamako comme à l’intérieur du pays, dans les communes rurales.

Il ne fait aucun doute que les compétitions électorales d’Avril 2009 mettront à rude épreuve les nerfs de la plupart des partis politiques.

Moussa SOW

03 mars 2009