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Sur la liste de canididatures ADEMA pour les élections communales du 26 Avril 2009 en Commune IV, le soi-disant grandes sous-sections, composées de Lafiabougou, Djicoroni-Para et Hamdallaye, ont tout mis en oeuvre pour écarter les quartiers dits de petites sous-sections (Sébénikoro, Taliko, Lassa, Kalabambougou et Sibiribougou) de toute possibilité d’octroi de place éligible, au motif que ces dernières ne regorgent pas du maximum d’électorat.

Le classement de la tête de liste de Sébénikoro (un certain Niama Coulibaly) à la quinzième position ne cache-t-il pas d’autres réalités? A cette question, les membres de la sous-section ADEMA de Sébénikoro répondent par l’affirmative.

En effet, si les supposées trois grandes sous-sections brandisse l’argument que Sébénikoro est une petite sous-section, et que ce quartier n’a obtenu que 297 voix aux élections communales de 2004, les membres de la sous-section ADEMA de Sébénikoro, par contre, estiment que cette haine contre leur structure s’explique par le fait que leur Président, Niama Coulibaly, est parti du CE à la faveur du congrès d’Octobre 2008 du parti.

Aussi s’interrogent-ils : si la question de grande sous-section tient tant, pourquoi avoir mis Sibiribougou (qui a moins de 600 électeurs) et Taliko ( 5 522 électeurs ) avant Sébénikoro qui a plus de 25 000 électeurs ? Certains desdits membres estiment même que Sébénikoro ne doit pas être jugé selon les résultats de 2004, mais selon le travail abattu par les “dignes fils du parti”, de 2004 à nos jours.

Et d’autres, d’ajouter que “la sous-section de Sébénikoro ne mérite pas un tel traitement ; au contraire, elle doit se sentir appuyée par toute la section et le CE”. Ainsi, il convient de rappeler, à ce niveau, le combat mené par ladite sous-section, de 1992 à nos jours.

Le combat de la sous-section de Sébénikoro

Comme toutes les autres sous-sections de la Commune IV, la sous-section ADEMA de Sébénikoro existe depuis 1992. De cette date à 2002, la sous-section de Sébénikoro était la sous-section pilote, parce que le plus gros de l’électorat du parti de l’Abeille en commune IV était engrangé dans ce quartier. Mais c’est en 200 que les problèmes commencèrent avec la naissance du RPM.

L’ensemble de la population de Sébénikoro, constituée de Malinkés, a été totalement acquise à la cause de leur “frère”, le Président et fondateur du RPM, Ibrahim Boubacar Keïta. Ainsi, toutes les structures ADEMA (comité et sous-section jeunes et femmes du parti) s’étant purement transformés en RPM. Ainsi, les portes de la sous-section ADEMA furent fermées et la clé mise sous le paillasson. Nul n’osait plus prononcer alors le mot ADEMA, sous peine d’être traité de non Malinké.

Cela a duré jusqu’aux élections communales de 2004 où certains responsables ayant refuser de partir au RPM, notamment le Secrétaire Général, Niama Coulibaly et non moins membre du CE, et son Adjoint Sounoun Tounkara, décidèrent de réimplanter l’ADEMA à Sébénikoro. Ils sont parvenus à le faire, mais à coups d’insultes, de menaces de mort et de violence sur leurs personnes.

A cette époque, le RPM avait mis toute sa force à Sébénikoro. Aussi, à l’issue des élections communales de 2004, il a récolté 6 conseillers, uniquement dans ce quartier ; tandis que le MPR ne s’en contentait que de 2, et les indépendants, de 3. Mais grâce à des militants engagés et déterminés, l’Adema s’est classé 3è avec 197 voix, après le RPM et le MPR.

De 3 comités en 2000, le parti est aujourd’hui fort de 12 comités, avec l’adhésion massive de cadres et militants venus du Mouvement Citoyen, de l’URD, du MPR, du PARENA et même du RPM.

Avec cette situation d’écartement de la sous-section de Sébénikoro de toute possibilité d’octroi d’un seul conseiller municipal (qui diminuera sans doute la combativité des militants), ne peut-on pas dire que l’ADEMA a laissé le champ libre au RPM dans ce quartier?


Moussa TOURE

24 Mars 2009